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Vichy contre Vichy: Une capitale sans mémoire

Vichy contre Vichy: Une capitale sans mémoire
Belin 309 pages
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Avis de Adam Craponne : "La pastille ne passe pas"

Plus de 140 000 poilus firent leur convalescence dans cette ville d’eaux, dont on nous rappelle le développement fulgurant tout au long du XIXe siècle. Dans les années 1930 ce sont entre 100 000 et 200 000 curistes ou touristes qui séjournent tous les ans dans la ville de Vichy. Peuplée alors d’environ 25 000 personnes, elle reste un simple chef-lieu de canton, la préfecture restant à Lapalisse jusqu’au 1er octobre 1941. À cette date, et pour les années de L’Occupation, Vichy dépasse les 70 000 habitants.  La cité est libérée le 26 août 1944.

Quelles furent les difficultés de ravitaillement, pour les gens modestes, durant les Années noires ? Qui, parmi les personnalités, logea ou séjourna (pour des spectacles par exemple) dans la capitale de fait de l’État français ? Après l’invasion de la zone sud, la Gestapo réquisitionne de nombreux immeubles dans le quartier thermal. Pour avoir discuté personnellement avec un habitant de l’époque, celui-ci me disait que lui et d’autres ne s’approchaient plus de certains bâtiments car ils savaient devoir y entendre des cris de gens que l’on torturait. Les miliciens sont au moins 2 000, les militants du RNP de Déat et du PPF de Doriot sont également présents.

On doit à certains adhérents de ce dernier mouvement, un attentat contre la synagogue de la Vichy en août 1941. Le chapitre IV est consacré à la description de l’évolution des conditions de vie des juifs dans la cité ; ils étaient plus de 2 000 début 1941, dont près de 90% de nationalité française (en fin d'ouvrage, on reparle de deux juifs vichyssois qui furent protégés). Nombre de déplacements du maréchal Pétain, dans Vichy, donnaient lieu à une scénarisation pouvant déboucher sur une couverture médiatique. Un autre chapitre évoque les évènements en lien avec l’épuration dans la ville d’eaux ; nombre de responsables policiers, une fois rattrapés, sont emprisonnés à Cusset une commune limitrophe de Vichy. Cette cité compta aussi des résistants et on nous évoque les plus connus.

Avec le retour à la tête de la municipalité, à la fin des années 1940, du maire de la ville des années trente et de L’Occupation plus l’élection, au début des années cinquate, comme conseiller général de Lucien Lamoureux, ancien député de la circonscription de Lapalisse, compagnon d’études et grand ami de Pierre Laval, les quelques lieux de mémoire liés à la Résistance sont délaissés. Aujourd’hui encore, la ville se refuse à mettre en évidence certains espaces qui rappelleraient la présence du gouvernement dit de Vichy. On peut regretter l’absence d’illustrations à cet égard, ce qui explique ma note de 4 sur 5. Les conséquences de la Guerre d’Algérie, pour la ville, sont développées  en fin d’ouvrage.  

Pour connaisseurs Aucune illustration

Adam Craponne

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