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Journal du temps de guerre de François-Xavier Lobry, lazariste

Journal du temps de guerre de François-Xavier Lobry, lazariste
L’Harmattan222 pages
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Avis de Alexandre : "Pour les soldats français à Salonique, le principal ennemi ce sont les moustiques"

Le sous-titre est Serviteur de l’Église et de la Patrie sur le Front  d’Orient : Analyse et commentaires. Il s’agit donc de reproduire le journal tenu par un religieux français mais de présenter les idées que ce dernier développe. Deux volumes de François-Xavier Lobry sont actuellement possédés par les archives de la Congrégation de la Mission, dite des Lazaristes qui se trouvent au 95 rue de Sèvres dans le VIe arrondissement de Paris.

François-Xavier Lobry est né en 1848 à Ghissignies dans le département du Nord et est mort à Istanboul en 1931.  De 1886 à 1914, il est à Constantinople, mais son rôle quasiment d’inspecteur des établissements religieux catholiques d’enseignement dans la Turquie et la Roumanie l’amène à se déplacer dans les Balkans mais aussi à Smyrne et dans les îles de la Mer Égée.

La Turquie, lorsqu’elle s’apprête à entrer en guerre, expulse les religieux originaire des pays alliés, une belle leçon d’humanisme quand la France interne les étrangers sur son sol. Parmi les intérêts de l’ouvrage, on a d’ailleurs une présentation des conditions dans lesquelles la Turquie devient un allié des empires centraux. C’est l’occasion de fournir deux cartes ; la première aurait mérité de voir préciser que la partie hachurée indique les pertes subies par la Turquie après les Guerres balkaniques, en oubliant au passage le jeune état albanais. La seconde, de 1910, montre que le rêve de François-Xavier Lobry était une Macédoine unie et multiculturelle qui aurait été un état neutre avec pour capitale Salonique.  Fait remarquable d’ailleurs, sur cette carte, qui présente les peuples vivants en Macédoine, il n’y a pas mention ni des Serbes (cantonnés, à peu de choses près, dans leurs frontières d'avant 1912) ni des Macédoniens qui sont considérés ici comme des Bulgares. Outre trois cartes géographiques, on a également une bonne dizaine de photographies dont celle de François-Xavier Lobry.

Une des questions qui taraudent les catholiques français est la question de l’avenir de Constantinople qui risque de tomber sous l’influence exclusivement russe en cas de victoire. On apprécie que soit bien vulgarisée la situation particulière de la Grèce, forcée d’entrer dans le conflit aux côtés des Alliés au prix d’un changement de monarque (Constantin Ier est remplacé par Alexandre Ier).  

François-Xavier Lobry s’entend très bien avec les chefs militaires français à Salonique : Sarrail, Adolphe Guillaumat et Franchet d’Espèrey. Sarrail n’a aucun souci des conditions sanitaires qui déciment son armée, en particulier du fait du paludisme. Suite à des recommandations du député martiniquais socialiste indépendant Joseph Lagrosillière, venu en mission, il refuse l’envoi d’infirmières supplémentaires et déclare qu’il fait la guerre aux Bulgares et non aux moustiques (page 142). À diverses occasions, il est évoqué le massacre des Arméniens et Assyro-chaldéens, une action dont les Kurdes se firent largement les instruments.

L’incendie de Salonique est rapporté et mis sur le compte d’une friture d’aubergines réalisée à l’extérieur (page 138), ses conséquences ne sont vues essentiellement qu’à travers les dégâts causés aux bâtiments catholiques, mais il y a ponctuellement mention des dégâts subis dans le quartier juif (les israélites représentent alors la moitié de la population).   

 

 
idé cadeau

Pour tous publics Quelques illustrations

Alexandre

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