1918. Du printemps tragique à l’Armistice, de Guillaume Berteloot et Patrick Deschamps : avis et résumé critique de Octave


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1918. Du printemps tragique à l’Armistice

1918. Du printemps tragique à l’Armistice
Triomphe 40 pages
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Avis de Octave : "Ne pas confondre"

Rappelons que le jeu de mots "américain / américon" est historique et qu’on le trouve en particulier dans le roman Les fils Madagascar d’Ernest Pérochon qui doit donner lieu à réédition en 2019.  Certes on est dans le domaine de la BD mais on apprécie la présentation distanciée qui est faite page 7 des procès fait à Caillaux et Malvy. Par contre si la volonté de Pétain de poursuivre la guerre par une entrée en Allemagne en novembre 1918 ne fait pas de doute que ce sont en majorité les troupes américaines qui, seraient entrées dans le pays.

Quand à la phrase du général Pershing, si elle est exacte, elle mesure sa grande incompétence en matière politique. Tout d’abord les conditions de paix imposées à l’Allemagne pouvaient être difficilement plus dures et ensuite de franchir le Rhin n’apportait aucune garantie sur l’absence de lâcheté, voire de complicité que certains gouvernements français et anglais eurent face aux coups de dés successifs d’Hitler. Bref la phrase finale de Pershing inscrite dans une vignette où on voit Hitler devant le wagon de Rethondes en 1940 est d’une très grande habileté au niveau de l’idée que l’on veut faire passer mais cette anticipation est des plus hasardeuses et expliquer la défaite de la France en 1940 par un refus d’envahir l’Allemagne en 1918 pose problème.

S’appuyer sur une ineptie du général Pershing et émettre de très grosses réserves sur l’efficacité de l’armée américaine comme cela est fait globalement (et sur toute la page 35 en particulier où les sammmies passent vraiment pour des Américons), n’est pas une des moindres caractéristiques du récit. On apprécie que la défaite russe soit explicitée, que l'armée d'Autriche-Hongrie ne soit pas oubliée, que l’hostilité des catholiques français et de leurs évêques face aux initiatives de paix soient habilement mises en scène, que des travailleurs indochinois soient présents dans une vignette, que le bombardement de Paris par la Grosse Bertha donne à trois vignettes d’illustration... Abel Ferry est souvent cité et on sait que ce neveu de Jules Ferry n’aimait pas Georges Clemenceau. Pour une fois que l’on n’a pas une BD historique à but didactique sur la Première Guerre mondiale qui soit à la gloire du Tigre, faut-il s’en féliciter ?       

Accessible jeunesse

Octave

Note globale :

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