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14-18, 6 La photo

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Delcourt 48 pages
1 critique de lecteur

Avis de Alexandre : "Un char n’est qu’une petite boite d’acier (...) qui se transforme facilement en crématorium mobile pour son équipage hautement qualifié"

L’offensive des Anglais et Français sur la Somme avait été pensée fin 1915 mais l’attaque de Verdun fin février 1916 ne permit pas de la mettre en œuvre au printemps 1916, aussi n’est-elle déclenchée qu’au début juillet de cette même année.

L’action de cet album démarre en juillet 1916 et notre groupe de villageois partis ensemble à la guerre entame sa deuxième année au front. Cette offensive de la Somme, à laquelle ils participent, est stoppée par les Allemands grâce à un barrage d'artillerie continu et le tank est une nouvelle arme côté allié qui manque beaucoup de fiabilité. En fait ce n’est que le 15 septembre 1916 à Flers dans la Somme où leur apparition provoqua bien évidemment la surprise générale mais ne fut guère heureuse. « Mes pauvres Land Ships ont été lâchés prématurément et à une échelle trop médiocre, il y avait pourtant une vraie victoire derrière cette idée », déclara Churchill.

Avec cette présence de chars d’assaut, dans cet album Pierre mécanicien et bricoleur joue un rôle important. Quelques-uns de nos héros partent en permission chez eux dans leur village entouré de collines où les toits sont en ardoise, peut-être aux limites de l’Anjou et du Poitou. D'ailleurs les paroles de la dernière vignette page 14 sont tirées d'un chant paillarde Adieu, fais toi putain en usage dans les régiments de l'ouest de la France (voir http://www.chansons-paillardes.net/chansons_paillardes/Breviaire-paillardes/Les_Paroles/Adieu_Fais_toi_putain.html).

Pierre avoue à son épouse Jocelyne que les lettres envoyées étaient recopiées par lui sur un modèle donné par son camarade Denis. Ceci amène à relativiser l’excellent niveau scolaire des hommes français scolarisés à la Belle Époque, d’ailleurs on sait que d’avril à la mi-août (date de sortie des classes) puis tout le mois d’octobre l’absentéisme en milieu rural était extrêmement élevé. La photo à laquelle il est fait allusion est celle reçue par Pierre alors qu’il est au front, on y découvre son très jeune enfant (vraisemblablement conçu juste avant la mobilisation).

Un avion s’écrase entre les lignes allemandes et françaises et pour sauver son pilote quelques-uns de nos héros vont agir en ce sens. L’un d’entre eux est terriblement blessé au visage, ce qui le conduit à rentrer dans la catégorie des gueules cassées. Ceci nous amène à l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris où la femme et le fils de Louis Laborde se rendent.

En ce début d’été 1916, Sarah Bernhardt amputée et en fauteuil, vient distraire nos poilus.  On découvre un très beau dialogue sur la foi entre  soldats qui aide à tenir sur le front, on connaît l’importance des médailles saintes comme porte-bonheur. Les scènes de combats tiennent une place réduite dans cet album, par contre on a un bon approfondissement de la psychologie de certains personnages. Le graphisme reste celui de l’univers des très bonnes  BD historiques avec des décors soignés, eux-mêmes porteurs d’information. Notre titre est tiré d'une phrase du général S. Bidwell.

Pour tous publics Beaucoup d'illustrations

Alexandre

Note globale :

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