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1916 : le grand massacre

1916 : le grand massacre
L’Est républicain96 pages
1 critique de lecteur

Avis de Octave : "« J’ai remis des croix et des médailles toute cette semaine, la plus émouvante à un petit sous-lieutenant de 21 ans »"

L’année 1916 est une année avec ses caractéristiques propres et pour le front ouest tous les belligérants ont décidé une très grande offensive. Français et Anglais se préparent à attaquer à l’est et au nord de la Somme lorsque les Allemands attaquent à Verdun. Si pour les Anglais c’est l’hécatombe dans la Somme, pour les Français c’est la même chose à Verdun ; si on veut parler chiffres Verdun pour février à décembre ce sont 300 000 morts (163 000 soldats français et 143 000 allemands) et la Somme voit un demi-million d’hommes disparaître (à peu près autant dans chaque camp). Le nombre de blessés est sensiblement équivalent dans les deux cas. Les lieux de mémoire autour de ces deux espaces sont d’ailleurs présentés en fin d’ouvrage.

Cet ouvrage est très largement illustré et les choix iconographiques sont très variés. Il ne s’agit pas seulement de parcourir les champs de bataille à l’est comme à l’ouest, au sud (avec Lawrence d’Arabie et Lettow-Vorbeck au Tanganyika) comme au nord (l’affrontement des marines anglaises et allemandes au Jutland qui est la grande bataille sur les mers de l’ensemble de la guerre). Des chapitres fort intéressants apportent des compléments utiles et mettent en valeur des aspects moins connus ou développent autour de personnes et aspects connus trop globalement.

Ainsi apprend-on plusieurs choses sur les hommes-clés de l’année : Broussilov (dont l’offensive mis bien à mal les armées austro-hongroises), Charles Ier (dernier empereur de la double monarchie siégeant à Vienne), Étienne Clémentel père du dirigisme économique français, Hindenburg, Lloyd George (nouveau premier ministre anglais), Wilhelm Grœner réorganisateur de l’industrie allemande au service de la guerre), le colonel Émile Driant, Albert Thomas (qui mobilise l’industrie française au service de la guerre et qui comme on l’ignore ici comme ailleurs fut d’abord un militant possibiliste dans la Vienne comme le mentionne le journal « L’Éclaireur de la Vienne « ), Venizélos (qui engage une partie des Grecs du côté des Alliés contre la volonté du roi de son pays)…

La propagande de guerre est approchée par les affiches tant gouvernementales de plusieurs pays que la publicité de marque (ici pour des produits alimentaires et les pneus Michelin). Divers documents (qui plairont aux pédagogues de l’histoire) sont présentés en les contextualisant adroitement comme un extrait d’un discours de Pierre Brizon à la chambre des députés (député socialiste de l’Allier) ; il était présent à Kienthal et rédige le manifeste qui sort de cette réunion. Des écrivains qui ont vécu cette année de guerre et les textes qu’ils ont tirés de cette expérience sont proposés. Il s’agit de Barbusse, Ernst Jünger, Jules Romains, John Buchan et Loti. Enfin un lexique permet de comprendre sens et origine de termes militaires assez courants (obusite, rameau, sape …).

En résumé un ouvrage avec globalement un texte pas trop conséquent, d’aspect attractif et au contenu historique permettant de se faire une bonne idée de cette année précise de guerre.

Octave

Note globale :

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