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La stratégie oubliée : Périclès, Frédéric le Grand, Thucydide et Cléon

La stratégie oubliée : Périclès, Frédéric le Grand, Thucydide et Cléon
Economica180 pages
1 critique de lecteur

Avis de Octave : "Le conservateur éclairé existe, je l’ai rencontré, il s’appelle Hans Delbrück"

L’ouvrage "La stratégie oubliée : Périclès, Frédéric le Grand, Thucydide et Cléon" d’Hans Delbrück est un ouvrage de stratégie militaire remarquable, à la hauteur des écrits de Clausewitz et Sunzi ou Sun Tzu). 

Non seulement le contenu écrit par Hans Delbrück est péremptoire mais l’introduction de Joël Mouric est remarquable par son contenu vulgarisateur d’une pensée. D’autre part il ne néglige pas en deux pages écrites en très petits caractères (cela aurait dû donner quatre pages dans le format utilisé pour le reste de l’ouvrage) à présenter dans un style qui va à l’essentiel la vie publique d’Hans Delbrück, le père de l’histoire militaire contemporaine. La préface n’en est pas moins égale en valeur, Daniel J. Mahoney, ce dernier a une lumineuse phrase, dont l’éclaircissement montre qu’elle ne relève pas de l’humour :

« La guerre absolue, l’écrasement de l’ennemi dans un style résolument napoléonien – n’épuise pas les possibilités de la guerre » (page 3)

Joël Mouric, quelques pages plus loin, donne le ton de l’ouvrage de Hans Delbrück :

«Delbrück distingue les deux types de guerre. Celle du premier type n’a qu’un pôle, la bataille ; la seconde en a deux, la manœuvre et la bataille. Il les nomme : la première est la Niederwerfingsstrategie, stratégie qui consiste à abattre l’ennemi, ou stratégie d’écrasement. Il appelle la seconde Ermattungsstrategie ; autrement dit stratégie qui consiste à fatiguer l’ennemi, à le  harasser. (…) Le terme de "harassement" renvoie à l’idée de fatiguer l’ennemi, d’user sa volonté de vaincre, soit par le harcèlement, soit par les manœuvres dilatoires, afin de l’amener à négocier ou même, si de nouvelles circonstances le permettent, d’en venir à bout par un retour à la première espèce de guerre, éventualité toujours possible». (page 9)

 Hans Delbrück montre l’intérêt et les limites de la pensée de  Clausewitz, ce dernier approchant ce que peut être la stratégie de harassement mais considérant que les actions qui la caractérise n’étaient  plus adaptées au XIXe siècle. Il étudie en quoi Frédéric II de Prusse et Périclès ont la pratique et l’intuition théorique de cette stratégie là puis ce qu’il faut penser des actions militaires de Thucydide et de Cléon. On apprécie que soient fournies de cartes du mode grec et une montrant les forteresses et les bataille en Prusse, Saxe et Bohême pendant la Guerre de sept ans.  

Le terme de "conservateur éclairé" est celui qu’utilisait Hans Delbrück en matière politique pour se qualifier; dans l’assemblée du land de Prusse, il a été élu comme libéral-conservateur entre 1884 et 1890. Durant cette période le Nationalliberale Partei a incorporé un très large volet social à son programme. Ce parti refuse de voter des lois anti-socialistes  dans les années 1990.

Durant la Première guerre mondiale il prend parti pour une large démocratisation du système politique d’après-guerre et en particulier celui de la Prusse qui avait une façon particulière de biaiser avec le principe du suffrage universel. De plus ne croyant pas à une victoire finale de l‘Allemagne il réunit, autour de lui dans le Bund Neues Vaterland, tous les partisans d’une paix de compromis (dont évidemment les sociaux-démocrates sur cette ligne).  

Pour connaisseurs Quelques illustrations

Octave

Note globale :

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