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Dix thèses sur la guerre

Dix thèses sur la guerre
Champs essais, Flammarion 144 pages
1 critique de lecteur

Avis de Octave : "Et lisez moi Barnavi!"

En fait l’idée de ce livre est née de la rédaction d’un texte pour la leçon inaugurale des Rendez-vous de l’histoire de Blois d’octobre 2013, ceux-ci avaient pour thème "La guerre". Alternant les références fréquentes au conflit israélo-palestinien (plus ponctuelles à l’état islamique  Daesh et la situation syrienne) ainsi que des évocations de l’histoire européenne de l’époque de Machiavel à la Guerre froide, l’ouvrage essaie de dégager dix thèses sur la guerre et d’en tirer s’il est possible des conséquences sur les possibilités et a contrario les immenses difficultés d’amener la paix au Proche-Orient.  

Élie Barnavi est un israélien né en Roumanie en 1946 (où il reste jusqu’à l’âge de quinze ans) et il a été ambassadeur de son pays en France de 2000 à 2002. Il fait partie des Israéliens profondément laïcs et ceci, en est presque le corollaire, de ceux qui souhaitent une reconnaissance de l’état palestinien. Ce dernier est à ce jour reconnu par près de 130 pays mais, du fait du veto américain, il n’a qu’un statut d’observateur à l’ONU  (comme d’ailleurs le Vatican).   

On retiendra ces deux citations :

« Israël est la seule démocratie avec les Etats-Unis à être une démocratie guerrière ».

« Je ne m'intéresse pas à la guerre sous l'angle de l'histoire militaire mais plutôt à la guerre comme institution sociale et culturelle ».  

Élie Barnavi écrit de plus:

« Que, dans la formation de l’Europe moderne, la guerre joue le rôle de grande accoucheuse, c’est une évidence. Mais la guerre fait mieux que modeler les frontières. Elle détermine le caractère des États. Ainsi, elle contribue largement à l’émergence des deux modèles politiques dominants jusqu’à la Révolution française, l’absolutisme de droit divin français et la monarchie parlementaire anglaise ». (page 26)

« Les traités de Westphalie de 1648 consacrent le triomphe de l’État territorial et mettent en place les conditions d’un ordre européen fondé sur l’équilibre des puissances ». (page 27)

Il énumère à partir de là trois types de conflits depuis le XVIIIe siècle. Entre les traités d’Utrecht en 1713 et la Révolution française, on a un système clausewitzien, c’est-à-dire  une période une opposition classique entre des raisons d’État. Suit la période révolutionnaire qui ouvre une deuxième ère guerrière, celle de la mobilisation croissante des hommes puis   

des ressources de l’ensemble du pays. Enfin, avec déjà des prémices dans la guérilla espagnole en lutte contre l’armée napoléonienne, l’époque contemporaine est dominée par les guerres asymétriques sans affrontement d’une armée contre une autre, avec l’usage de la terreur sur des populations civiles et une volonté de gagner rapidement la bataille des opinions à la fois dans la communauté à laquelle on appartient et même auprès de la population de l’adversaire. Élie Barnavi ne le précise pas mais on trouve là bien des aspects de la stratégie de harassement, telle que l’a théorisée Hans Delbrück à la Belle Époque.  

L’auteur avance l’idée que les démocraties ne se font pas la guerre entre elles, il voit donc une atténuation des conflits dans les progrès des droits civiques dans chaque pays.  

Pour tous publics Aucune illustration

Octave

Note globale :

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