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Nuit d’évasion

Nuit d’évasion
Pierre de Taillac207 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Le roi de l’évasion en temps de Grande Guerre est allemand, dommage qu’il soit sorti du musée pour rencontrer les SS"

Les prisonniers allemands détenus par les Français doivent avoisiner 300 000 (les Anglais en comptent un peu moins), inversement 520 000 Français sont détenus en Allemagne au moment de l’Armistice. Au printemps 1919 les prisonniers allemands de la Première Guerre mondiale sont toujours en France et si les premières libérations ont été faites au lendemain du Traité de Versailles en juillet 1919, les dernières s’effectueront en février 1920.

L’auteur est dans un camp de travail à Varvinay en avril 1919, lorsqu’il réussit sa dernière évasion ; il est à chaque fois aidé par sa très grande maîtrise de la langue française, comme nous le prouve en particulier la longue conversation qu’il entretient avec une boulangère à Avignon. Varvinay est devenu en 1973 Valbois, suite à sa fusion-association avec Savonnières-en-Woëvre et Senonville, cette commune est située dans l’arrondissement de Commercy et au centre du département de la Meuse.

"Nuit d’évasion" est le titre français de "Fluchnächte in Frankreich" et l’on voit par là qu’Alexander en tenta plusieurs avant de réussir. L’auteur de cet ouvrage égala pour la Première Guerre mondiale en la matière, le futur général de Gaulle qui compta aussi cinq tentatives d’évasion (mais il n’en réussit aucune). Nos deux personnages sont d’ailleurs faits prisonniers en 1916, l’Allemand près de Reims et le Français à Douaumont. Alexander Langsdorff est né le 14 décembre 1898 en Hesse, d’un père banquier et d’une mère fille d’un général belge.

Nous rajouterons personnellement aussi qu’il était le cousin de Hans Langsdorff, commandant du cuirassé Admiral Graf Spee, qui avait mission de couler le maximum de navires de ravitaillement à destination de l'Angleterre, en évitant le combat avec des navires de guerre. Il fut sabordé 17 Décembre 1939 à Montevideo.

Fin mars 1916, notre auteur s’engage alors qu’il a 17 et 3 mois. Après une formation, c’est comme aspirant qu’il part au front occidental, il est fait prisonnier en octobre de la même année. Il séjourne dans divers lieux de Provence et du Languedoc. Le livre rencontre un énorme succès en 1920 en Allemagne, en particulier parce qu’il montre une grande solidarité entre prisonniers et dépeint les gardiens français avec à peu près tous les défauts. Le contenu de ce livre est donc à relativiser et on connaît des gestes de sympathie de la population française, mais moins des geôliers évidemment, envers les prisonniers allemands. Les conditions dans lesquelles sont traités les prisonniers qui ont tenté une évasion, n’ont rien à voir avec celles des soldats allemands devenus travailleurs dans l’agriculture et l’industrie, ce qui est le cas pour environ la moitié d’entre eux.

Le récit est régulièrement illustré par un artiste qui, d’après quelques signatures, doit se nommer Heinz Raebinger ; ce sont vingt-sept dessins à l’encre qui sont livrés. François de Lannoy donne un certain nombre d’informations qui permettent de mieux connaître l’ensemble de la vie du personnage. Par contre les informations générales rapportées ici par nous sur les prisonniers, sont absentes. On doit remercier l’éditeur d’avoir permis aux Français d’accéder pour la première fois à ce texte dans leur langue.

Après-guerre Langsdorff a étudié l’archéologie à Marburg. Il a été diplômé en 1929 en présentant des travaux sur une cruche en bronze d’une tombe de chef germain découverte à Marburg. Langsdorff a participé de 1929 à 1933 à diverses expéditions archéologiques en Égypte et en Iran . En 1932, il a lancé en collaboration avec Donald McCown les fouilles de Tall-i Bakun près de l'ancienne Persépolis.

Langsdorff a pris part en 1923 au Putsch de la Brasserie à Munich, aux côtés d’Adolf Hitler et Erich Ludendorff. En 1933, il a rejoint le NSDAP puis les SS. Dans la SS, il a obtenu en 1944 le grade de Standartenführer qui correspond à colonel. De février 1944 à mai 1945, il est responsable du transfert et de la conservation des œuvres d'art de Florence qui sont envoyées dans le Tyrol du Sud. Langsdorff s’évade une fois de plus mais décède le 15 Mars 1946 à l'hôpital d’Eutin.

Pour connaisseurs Quelques illustrations Plan chronologique

Adam Craponne

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