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La question mémorielle au XXIe siècle

La question mémorielle au XXIe siècle
L’Harmattan194 pages
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Avis de Ernest : "L'héritage ne se transmet pas, il se conquiert (André Malraux)"

L’ouvrage est sous-titré Jouer éternellement le passé. On ne cesse de commémorer depuis plus d’un demi-siècle et parfois même de ses scandaliser que l’on puisse commémorer comme on l’a vu au sujet de Maurras où la décision de la ministre de la Culture de retirer en 2018 le nom du livre des commémorations nationales, entraîna la démission de dix des douze membres du Haut-Comité des commémorations nationales.

L’auteur s’interroge sur la fonction de la mémoire officielle et de la mémoire des communautés ainsi que sur toutes les façons dont elle s’exprime, y compris dans les arts. La première partie s’intitule "Les contrats de la mémoire". Elle est composée de sept chapitres intitulés : Le sentiment collectif du passé, La mémoire des œuvres, Les aléas de la mémoire officielle, La mémoire culturelle ou le réenchantement de la politique, La fonction-veille de la mémoire, Jadis et naguère l’Immémorial.

Le second volet se nomme "La démocratie envoûtée (Réflexion sur les commémorations)" propose de traiter ces sujets : La ritualisation du politique, Le grand récit des origines, L’ère des lobbies de mémoire, La commémoration médiatisée. La troisième division de l’ouvrage a pour titre "La mémoire contestable" et renvoie à Mémoires et nostalgies, Les passions nationales et Mythose. La conclusion ouvre sur "La longue mémoire des sagesses d’antan". On peut lire dans l’avant-dernière page : « Loin de constituer un simple effet de nostalgie, un repli un peu ridicule dans un passé révolu, le retour sur les sagesses anciennes doit pouvoir inspirer de véritables engagements sociétaux, politiques, économiques et même spirituels, pour que la référence aux origines, fussent-elles imaginaires, ne soit pas l’apanage des régressifs, des intégristes, des fondamentalistes » (page 192).

Au sujet du poids d’une mémoire collective marquée par l’horreur, il est question du roman Les irresponsables, publié en Allemagne en 1950 : « Ce roman d’Hermann Broch analyse admirablement le climat social qui a favorisé l’avènement des petits bourgeois médiocres que leurs idées politiques vagues et confuses ne permettant pas de considérer comme des responsables directs du nazisme. Mais il montre en même temps que c’est leur état d’esprit qui a rendu possible le nazisme ; en somme que la prétendue innocence de tous ces personnages n’en fait pas moins d’eux des coupables » (page 21). Une vingtaine de pages plus loin, l’auteur revient sur le fait que dans les années qui suivirent l’après-guerre, on imposa aux déportés de taire leur vécu (page 41). On relèvera aussi page 55 le fait que la mémoire collective insufflée par l’école de la IIIe République ne répond plus à l’univers de nombreuses communautés  dont les ancêtres vivaient sur d’autres continents.

Pour connaisseurs Aucune illustration

Ernest

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