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Waterloo la chute de l’Aigle : toute la stratégie de la bataille

Waterloo la chute de l’Aigle : toute la stratégie de la bataille
Jourdan243 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "18 juin 1940 l’appel du général de Gaulle, 18 juin 1815 la pelle de Napoléon Ier"

Notre titre fait bien sûr référence à l’expression "prendre une pêle" qui signifie " échouer". Ce livre déborde un peu son sujet mais c’est toujours pour mieux l’éclairer. Il s’appuie sur un travail de recherche conséquent mais il vulgarise parfaitement ce qu’il avance. On apprécie son index des noms de personnes et sa liste de l’ensemble des unités qui de chaque côté combattent à Waterloo.

L’auteur est hollandais aussi il prend bien soin de mettre en valeur la composition et les actions de l’armée néerlandaise. Cette dernière compte une majorité d’officiers et sous-officiers qui ont servi dans les armées napoléoniennes. D’ailleurs les deux généraux de cette armée qui meurent soit des suites de leurs blessures comme Collaert soit le 18 juin 1815 jour de la bataille avec Van Merlen sont dans ce cas. Le premier est originaire du Hainaut et le second d’Anvers, ils viennent donc d’un espace autrichien avant 1792 et devenu belge en 1830.

Le prince d’Orange Guillaume Frédéric, futur Guillaume II roi des Pays-Bas et grand-duc de Luxembourg, dirige les troupes des Pays-Bas et est blessé lors de l’affrontement à Braine-le-Comte près de Waterloo. Napoléon lui attribue un rôle décisif lors de la bataille des Quatre-Bras qui précède celle de Waterloo, mais c’est peut-être à Jean-Victor de Constant Rebecque son chef d’état-major qu’il faut mettre au crédit certains mérites. En tout cas le royaume des Pays-Bas fit tout pour laisser croire au courage et au génie tactique de son prince héritier et par dépit envers son réel vainqueur Napoléon abonda dans ce sens.        

L’image de Murat ne sort pas grandi ici, traître à l’empereur en 1814 et impulsivement lancé dans une perspective fumeuse de devenir roi d’Italie,  ceci dans une opposition frontale aux intérêts de l’Autriche au grand dam de Napoléon Bonaparte qui en 1815 était prêt à se contenter d’une France dans ses frontières naturelles et sans état paraissant fantoches au côté de celle-ci.

Les cinquante pages, qui suivent un avant-propos d’ailleurs à contenu très pédagogique,  permettent d’en savoir concrètement plus sur l’état des hommes qui composent chacune des deux armées avec l’affrontement. Dans le camp des Alliés des Saxons et des Rhénans refusent de se battre du fait que le royaume de Saxe est amputé de sa partie septentrionale au profit de la Prusse et que la Rhénanie passe sous le contrôle des Hohenzollern. Ne sont pas oubliés les soulèvements anti-bonapartistes en France qui mobilisant une partie des troupes disponibles et le passage du général de Bourmont des troupes françaises aux troupes alliées (pages 69-70), un acte qui contribua à conforter une certaine méfiance de la troupe vis-à-vis de ses généraux et démoralisa certains soldats.        

Alors qu’un ouvrage comme "La bataille de Waterloo" de Jean-Claude Damamme est aride et peu sûr dans les détails et certaines interprétations, on a avec  "Waterloo la chute de l’Aigle : toute la stratégie de la bataille" un excellent ouvrage pour un large lectorat, même s’il manque d’illustrations car seulement une carte est proposée pour la situation des combats entre la frontière française et Bruxelles. L’œil de l’historien voit qu’avec par exemple Philippeville et Beaumont (où logea Napoléon le 14 juin) encore français, Waterloo est encore plus près de la frontière française qu’aujourd’hui.

En 1814 le département des Ardennes garde ses limites, on voit qu'il perd ensuite en 1815 un bon morceau de sa partie nord au profit de la province de Namur, qui correspond donc à peu près au département de Sambre-et-Meuse. D'autre part la France conserve entre 1814 et 1815 quelques villages du sud du département de Jemmapes (apparaissant ici sous le nom de Hainaut), ceux-ci ne sont pas mis en évidence ici car ils restent présentés dans le département de Jemmapes alors qu'ils appartiennent pour une année au département du Nord.

On peut deviner de plus ici que les parties est des départements des Forêts et de l'Ourthe ne reviennent pas au royaume des Pays-Bas. Cette carte n'est pas dans le livre "Waterloo la chute de l’Aigle : toute la stratégie de la bataille".

Pour tous publics Peu d'illustrations

Adam Craponne

Note globale :

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