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Les généraux suisses de Napoléon Ier et de la Révolution française

Les généraux suisses de Napoléon Ier et de la Révolution française
Cabédita94 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Tiens, voilà des rues général Jomini, des rues général Laharpe, des rues général Boinod, pour le général Mainoni le bourreau de Stans y’en a plus !"

Alors que les régiments de gardes suisses disparaissent définitivement avec la chute de Charles X, pour être remplacés par la Légion étrangère, on est en droit de s’interroger sur le nombre d’officiers supérieurs suisses qui servirent Napoléon Ier. On a récemment vu ici le cas certainement du plus célèbre à savoir Antoine-Henri de Jomini né dans ce qui est aujourd’hui le canton de Vaud.

Mais qui furent les autres, avaient-ils été dans les gardes suisses, les armées contre-révolutionnaires, étaient-ils protestants, catholiques ou francs-maçons, et servirent-ils la France jusqu’à la désastreuse campagne de Russie (c’est en gros le cas de Jomini) ou restèrent-ils fidèles à Napoléon jusqu’en 1814 voire durant les Cent-Jours, eurent-ils un rôle public après 1815 dans leur pays (c’est le cas à Fribourg de Forell Jean Griset). La particularité de l’époque des Cent-Jours est que, quel que soit le camp qu’on choisit (celui de Louis XVIII pour le prince de Hohenlohe-Waldenburg-Bartenstein)  ou celui de Napoléon Ier, son avenir se jouera soit en France soit à l'étranger. Sur ce point de l'attitude franche ou ambigüe durant le retour de l'Empereur, Alain Pigeard n’est jamais dans l’information claire et il reste au lecteur à la deviner avec les éléments fournis par lui. De toute façon on peut estimer qu’un peu plus de la moitié de la trentaine de personnages étudiés ne vit pas le Nouvel an 1815. C’est vrai pour Jean-Louis-Ebénézer Reynier presque aussi célèbre que Jomini ; il décéda à la toute fin de février 1814. Né à Lausanne en 1771, il était le fil d’un médecin dauphinois qui avait fuit la France au moment de la Révocation de l’édit de Nantes.

Il n’est guère étonnant que ce soit les cités francophones qui fournissent la majorité des généraux ici recensés. On a tout de même des exceptions comme Antoine-Rodolphe de Diesbach, mais il est le fils d’un officier des gardes suisses ; on est dans le même cas avec Charles-Louis Erlach de Jegenstorf et Johann von Brüttelen Weber. Fils d’un père français Joseph-Antoine-Marie-Michel Mainoni est né en 1754 à Lugano par le fruit des circonstances, et est décédé à Saint-Domingue le chef d’état-major de l’armée de reconquête de l’île, à savoir le général Meyer de Schauensee qui était né à Lucerne en 1777. Le général Reding de Biberegg est né à Schwytz en 1770 dans une famille catholique, alors que Charles-François-Raymond est né dans l’actuel Tessin en 1761.

Le vétéran de tous est le général Jomini qui décède à Paris en 1869, alors qu’il vient de fêter ses 90 ans. Celui qui est mort le plus jeune est peut-être le Vaudois Amédée de La Harpe (ou Laharpe), tué à 42 ans en Lombardie ; Napoléon lui doit une partie de sa gloire acquise au siège de Toulon puisqu’en 1793 au siège de Toulon, Amédée de La Harpe fut l’artisan principal de  la capitulation de la ville portuaire. Jean-Daniel Boinod, né en 1756 à Vevey et décédé en 1842 à Paris, refusa modestement un titre de baron, se signala par son habileté et son intégrité dans le service des subsistances militaires  et servit fidèlement Napoléon jusqu’à le suivre à l’île d’Elbe en mettant en sécurité sa famille en Suisse. Louis Bergeron (1811-1890), sous le pseudonyme d’Émile Pagès, a écrit de fort belles pages sur ce général ; on aurait aimé les trouver citées en bibliographie. La 24ème promotion des commissaires de l'Ecole Militaire Supérieure d'Administration et de Management de l'Armée de Terre a été baptisée "Commissaire ordonnateur Boinod". Une rue à Paris et une à Aubonne en pays de Vaud portent son nom.

Cet ouvrage rapporte un jugement sévère sur son caractère orgueilleux, cette affirmation est due à Jean-Jacques Langendorf dans un ouvrage général sur la pensée stratégique des militaires d’origine suisse pour les XIXe et XXe siècle. Si des ouvrages ou articles récents parus sur les militaires étudiés sont cités, par contre des écrits plus anciens ne le sont pas, les références des dossiers consultés aux archives de Vincennes et aux archives nationales (dossiers de la Légion d’honneur) sont mentionnées.       

Lorsque des objets appartenant à ces généraux sont présents dans un musée helvétique, cela est signalé ; c’est cas par exemple pour le fourgon qui permit à Nicolas-Antoine-Xavier de Berlens de revenir depuis la Russie que l’on peut voir au musée de Morgues   et à Sierre dans le musée situé dans la maison natale Jean-Antoine de Courten.  Mis-à-part le général Jean-Louis Richter, on n’a aucune image d’autres généraux et cela est regrettable ; même si la recherche iconographique n’était pas facile, il aurait été possible d’avoir vraisemblablement au moins une demi-douzaine de photographies de portraits ou de  statues (dont une des nombreuses représentations de Jomini ou d’Amédée de La Harpe) et quelques clichés de tombes. Dans notre présentation, nous avons opté pour le maintien de la particule si l’individu était fils de noble et pour sa non-mention si elle lui a été attribuée par Napoléon.

Pour connaisseurs Aucune illustration

Adam Craponne

Note globale :

Par - 660 avis déposés - lecteur régulier

660 critiques
29/03/15
"La Harpe, notre homme des Lumières", il s'agit du cousin du général

http://salem.blog.24heures.ch/archive/2009/10/26/la-harpe-notre-homme-des-lumieres.html
422 critiques
30/03/15
Les signatures à trois points sont-elles toujours faites par des francs-maçons ? Pas sûr semble-t-il pour l'époque en question. Voir

http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article2623
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