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Vivre dans la Russie de Lénine

Vivre dans la Russie de Lénine
Vendémiaire376 pages
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Avis de Octave : "La vie quotidienne au début de l’ère soviétique"

Dès le début de 1920, Trotsky souhaite l'abandon des actions liées au communisme de guerre et la réintroduction de la notion l’élément de l’intérêt individuel  afin de relever l’économie.  Le 2 mars 1921 éclate l’insurrection de Cronstadt , les insurgés déclarent : « Nous sommes partisans du pouvoir des soviets, non des partis. Nous sommes pour l’élection libre de représentants des masses travailleuses. Les soviets fantoches manipulés par le Parti communiste ont toujours été sourds à nos besoins et à nos revendications ; nous n’avons reçu qu’une réponse : la mitraille […]. Camarades ! Non seulement ils vous trompent, mais ils travestissent délibérément la vérité et nous diffament de la façon la plus méprisable […]. À Cronstadt, tout le pouvoir est exclusivement entre les mains des marins, soldats et ouvriers révolutionnaires […]. Vive le prolétariat et la paysannerie révolutionnaire ! Vive le pouvoir des soviets librement élus ! ». Les bolchéviks, Trotsky en tête, répriment cette révolte avec l’idée que céder c’est préparer le retour de leurs ennemis de toutes sortes.  Toutefois le 8 mars, s’ouvre le Xe Congrès du parti bolchevique qui adopte une série de mesures économiques qui reprennent partiellement les revendications des mutins. Le comité central se refuse évidemment de répondre aux demandes politiques qui avaient été avancées par les marins de Cronstadt car elles remettaient en cause la dictature bolchevik.

 

Le sujet de Vivre dans la Russie de Lénine n’est pas de traiter des évènements politiques. Les personnages historiques ne sont présents ici que par leur témoignage ou leur action face à la famine qui frappe la Russie de 1918 à 1924 (année de la mort de Lénine). La mise en place de la Nouvelle politique économique (NEP) apparaît, pour Jean-Jacques Marie, comme la situation appropriée à la crise économique. 

 

Jean-Jacques Marie, en revenant sur le mépris des classes dirigeantes pour les classes laborieuses avant la déclaration de la Guerre de 1914-1918 et durant le conflit (lorsque la mobilisation fait d’une bonne part d’elles des soldates), explique la violence de l’affrontement durant la Guerre civile russe. Cependant selon nous, c’est la prise de pouvoir par Lénine à l’automne 1917 qui, sinon déclenche la Guerre civile russe (tentative de putsch de Kornilov en en août/septembre 1917), du moins lui donne une ampleur incommensurable. Jean-Jacques Marie montre comment à la pénurie suit un marché noir et il n’épargne ensuite aucune faction dans le récit des pillages.  

 

L’auteur reprend ensuite ce qui est décrit par des témoins russes ou étrangers. On est là assez souvent dans l’insoutenable ; Jean-Jacques Marie confirme en particulier ce qu’avançait Marcel Body dans ses ouvrages, à savoir que l’extrême misère déboucha même parfois sur du cannibalisme. Les morts proviennent également de massacres d’opposants ou de ceux qui s’opposent aux réquisitions ; largement le fait des bolchéviks mais également d’autres groupes animés ou non d’un souci de promouvoir un régime autre. Pour les paysans, tous sont des pillards. Toutes les générations sont touchées par la fureur qui frappe le pays, et apparaissent des besprizorniki, enfants vagabonds qui terminent leur vie dans les pénitenciers lorsqu’ils n’ont pas en particulier la chance de rencontrer Anton Makarenko (à qui on doit notamment  Le poème pédagogique).  

Pour connaisseurs Aucune illustration

Octave

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