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En territoire ennemi 1914-1949

En territoire ennemi 1914-1949
Septentrion231 pages
1 critique de lecteur

Avis de Alexandre : "Gérer les occupants et vivre avec les occupés ou l'inverse"

Il faut préciser que le livre est sous-titré "Expériences d’occupation, transferts, héritages". La première partie traite du front ouest pour la Première Guerre mondiale alors que le second volet porte sur la Seconde Guerre mondiale mais les sujets sont bien souvent éclairés par des faits qui se sont déroulés sur le même espace durant la Grande Guerre. Dans cette seconde partie, on est transporté en Belgique mais aussi en Europe de l’est et même en Allemagne entre  1945 et 1949 dans la zone d’occupation française (essentiellement le Palatinat et le Bade-Wurtemberg.

On ouvre avec le cas du réinvestissement des actions de lutte, contre les guérillas en Monténégro, Albanie et Serbie que menèrent les armées austro-hongroises de 1916 à  1918 par la Wehrmacht, l’Abwehr et la SS  durant la Seconde Guerre mondiale. Ces opérations ont été rapportées et théorisées par un instituteur de Saxe-Cobourg engagé volontaire à dix-huit ans durant le premier conflit mondial, à savoir Arthur Ehrhardt. Ce dernier se base sur l’expérience du chef d’état-major austro-hongrois en Serbie et sur celle d’un conseiller militaire de même origine auprès des Ottomans en 1908-1910 puis membre de l’état-major de son pays pour la répression au Monténégro. Eux-mêmes se sont inspirés des enseignements mis en forme par un général de la double monarchie d’origine serbe.      

Le premier volet propose une suite de contributions et en particulier celles que nous allons citer. On s’intéresse à des sujets belges patriotes qui portent plainte contre leur dénonciateur puis aux agents belges du contre-espionnage allemand d'outre-quiévrain. En Belgique, une épuration de bourgmestres se produit de 1919 à 1921 et on nous explique les tenants et les aboutissements de la question. Philippe Salson, qui avait déjà évoqué le rôle d’ecclésiastiques dans l’Aisne, pour  Diocèses en guerre 1914-1918, s’intéresse au témoignage d’Henriette Moisson qui a dix-neuf ans en 1914 et vit dans un village à l’est de Saint-Quentin. Cette dernière, tout en restant patriote, passe bien des arrangements avec des Allemands et en particulier les gendarmes qui sont logés dans la famille. Trois tableaux permettent de théoriser les relations entre les occupants et les occupés.

Un autre texte propose de réfléchir sur les anathèmes que se lancent les catégories sociales d’outre-quiévrain, entre elles, au sujet d’une collaboration a priori avec les Allemands. Tout une série d’indices, et en particulier dans le cas des femmes belges, est relevée par le voisinage. Pour cette partie, les derniers articles s’intitulent "Les traces mémorielles de l’occupation 1914-1918 dans trois villes belges : Bruxelles, Anvers et Liège" et "Une mémoire difficile : commémorer la Grande Guerre dans le Nord et le Pas-de-Calais occupés". On félicite les deux auteurs qui ont mis à disposition de nombreuses illustrations pour rendre plus intéressant leur texte.   

 

Pour connaisseurs Peu d'illustrations

Alexandre

Note globale :

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