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Le musée de ville : histoire et actualités

Le musée de ville : histoire et actualités
La documentation française 198 pages
1 critique de lecteur

Avis de Benjamin : "Méfions-nous, des musées trop soucieux de rentabilité et de profit, comme des industries qui sacrifient l’avenir de leur société et de leur personnel sur l’autel d’une danseuse, fut-elle culturelle."

Notre titre est tiré d’une réflexion commune d’Alain Katz et Yves Delorme prise dans leur communication intitulée "Industrie et Culture étoffent le tissu économique et social" paru en 1994 dans l’ouvrage collectif Culture scientifique et technique de l’entreprise.

Cet éditeur permet de se familiariser de nouveau avec les évolutions qu’a connues l’univers des musées, puisqu’au début 2015 la Documentation française avait déjà proposé "Les conservateurs de musées : atouts et faiblesse d’une profession" (ouvrage dont nous avions rendu compte).

Ici avec  "Les musées de ville : histoire et actualités", il s’agit de réfléchir autour du concept de musée de ville. Pour faire simple les idées de départ sont que les musées d’art et d’histoire, dans leur conception traditionnelle, ne sont fréquentés que par une élite culturelle, souvent étrangère au territoire car composée de touristes. Par ailleurs tout un courant muséologique entendait renouveler la fonction du musée, cela déboucha en 1982 en France sur la création de l'association MNES (Muséologie nouvelle et expérimentation sociale) en s’inspirant de textes comme "Le musée : temple ou forum", publié dans une revue anglaise à destinations des conservateurs en 1971 par Duncan F. Cameron.

Dans le même temps dans ce dernier tiers du XXe siècle la scolarisation s’allongeait et des projets  étaient montés par des enseignants pour leurs élèves, ce qui donnait plus l’occasion de se rendre au musée lorsque l'on était jeune. Par ailleurs les quartiers défavorisés étaient sujets à des problèmes brûlants.

Jusqu’alors le musée ne s’intéressait guère à ne développer qu’une politique d’exposition édifiante pour valoriser ses collections auprès d’un public qui venait à lui de son plein gré. Soit à leur propre initiative, soit fortement encouragés par leur instance de tutelle, des conservateurs décidèrent d’apporter leur contribution dans les enjeux urbains. Ainsi Françoise Wassermann (future directrice de la Direction des Musées de France) lors que l’inauguration d’une exposition en 1991 sur le Hip-Hop à l’écomusée de Fresnes (dans le Val-de-Marne) rappelait que :

« la première partie de l’exposition s’attachait à recenser les problèmes de société que dénonce et tente de résoudre le mouvement : le racisme […], le manque de reconnaissance des cultures jeunes, l’urbanisme inhumain des grandes cités à l’origine de véritables ghettos sociaux, la violence, les problèmes d’identité des jeunes issus de l’immigration et, enfin, la spirale de l’échec à laquelle il est difficile d’échapper lorsque l’on quitte le système scolaire ».

D’ailleurs aujourd’hui l’exposition en cours a pour titre En-quêtes d’identité et la page internet du musée informe que : « Les thématiques de recherche sont de plus en plus axées sur l’histoire et l’actualité de la banlieue. »

On voit alors des musées inviter leur public à comprendre que la ville et ses habitants changent en fonction de l’évolution du droit (on songe en particulier à l’exposition Vive la République tenue en 1998 au Musée historique de Mulhouse), qu’au musée comme dans la cité les jeunes ont des droits et des devoirs. Par ailleurs certaines institutions muséales se donnent comme objectifs d’aider à l’intégration des jeunes dans la cité (par en particulier la valorisation des cultures d’origine, ainsi que le fit le Musée du textile à Cholet), au respect du passé en le liant au présent, à la sensibilisation à l’écocitoyenneté, à développer l’esprit critique, l’initiative et la créativité.  

Jean-Louis Postula dans "Les musées de ville : histoire et actualités" tente de définir un musée de ville : approche interdisciplinaire, réflexion sur l’identité urbaine, un public plus de résidents que de touristes et intégration des habitants aux projets, lieu de débat (pages 31-32).

Après le premier chapitre intitulé "Musée de ville, une nouvelle catégorie de musées ?", suivent "Les origines et le contexte muséal", "L’âge classique du musée d’histoire de ville" (vingt pages sont consacrées au musée Carnavalet de Paris), "Des modèles en mutation" et une conclusion. Dans ce dernier point, l’auteur rappelle que ce qui rassemble de façon indiscutable les musées de ville est leur volonté de présenter leur cité tant aux touristes qu’aux résidents.

On apprécie l’abondante illustration et le fait que les exemples évoqués concernent de nombreux pays du monde occidental, essentiellement des musées de très grandes villes (Varsovie, Chicago, Paris, Bruxelles, Londres; Edinbourgh...) ; l’auteur et le préfacier sont d’ailleurs liégeois. Jean-Louis Postula ne se réfère d’ailleurs ni à Fresnes, ni à Mulhouse, ni à Cholet mais nous avons complété son propos par une note personnelle, allant dans le sens de son discours, et destiné à montrer une plus grande diversité des initiatives qu'il rapporte. En prolongement de cet ouvrage, nous recommandons un livre léger en nombre de pages, réduit en format et dense au poit de vue des idées à savoir La fonction politique des musées  de Roland Arpin qui était alors Directeur général du Musée de la civilisation à Québec.

 

Le musée de la ville de Bruxelles

Pour connaisseurs Beaucoup d'illustrations

Benjamin

Note globale :

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