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Dictionnaire de la Guerre de 1870

Dictionnaire de la Guerre de 1870
L’Harmattan 221 pages
1 critique de lecteur

Avis de Octave : "Une guerre perdue du fait de nombre de généraux et une limitation des dégâts due à beaucoup de colonels et commandants"

De juillet à novembre 2020, le musée de Belfort présentera une exposition intitulée La revanche de 1870 : fièvre ou comédie ?, avec en particulier le 29 mars 2020 à Loigny-la-Bataille une conférence d'Abel Douay nommée 4 août 1870, le drame de Wissembourg on aura là deux des nombreuses manifestations qui commémoreront la guerre franco-allemande déclenchée par Napoléon III à l’instigation entre autre de son épouse.

 

Un outil indispensable pour bien profiter de ces évènements est le Dictionnaire de la Guerre de 1870 d’Yves Moritz. On ouvre quasiment sur trois pages d’une chronologie, proposant quatre-vingt-dix-huit évènements allant du 21 juin 1870 (date de la candidature d’un prince allemand au trône d’Espagne) à fin mai 1871 avec la Semaine sanglante à Paris. Ceci en passant en particulier par le renversement du gouvernement d’Émile Olivier le 9 août, la bataille de Noisseville (vers Metz) le 31 août, le retour de Victor Hugo à Paris le 5 septembre, la bataille d’Héricourt le 15 janvier, l’armistice du 28 janvier, l’élection le 17 février de Thiers comme chef du pouvoir exécutif de la France, la fin du siège de Belfort le 18 février, la signature du Traité de Francfort le 10 mai.

 

On aurait pu parfois avoir plus d’explications, comme page 63 avec l’Affaire de Dieulouard où le 27e régiment d'infanterie se trouve engagé le 13 août.  Par ailleurs un regard critique manque parfois sur les informations glanées  par Yves Moritz, comme autour du rôle de la lettre que Guillaume Ier avait  envoyé à l’impératrice Eugénie et que reçut effectivement Clemenceau en 1919 ; l’auteur reprend la légende que ce courrier présenté à Wilson permit le retour de l’Alsace-Lorraine à la France, alors que les USA voulaient faire de ce dernier espace un état indépendant. Les simplifications peuvent parfois gêner les lecteurs ayant reçu une formation universitaire, ainsi il aurait fallu bien nuancer ce qui touche au service militaire sous le Second Empire et ce n’est pas bien loin tout l’arrondissement de Belfort dans le département du Haut-Rhin qui reste français en 1871 (page 35). On comprendra ce dernier point grâce à cette carte qui montre les arrondissements du Haut-Rhin en 1810 (donc, par rapport à 1870, il y a en plus les deux arrondissements méridionaux).

Il faut parfois naviguer sur deux, trois ou quatre articles pour bien comprendre tout ce qui tourne autour d’une situation, ainsi à propos des cuirassiers lorsqu’on nous dit que la doctrine de la cavalerie lourde devient obsolète après la charge de Frœschwiller, on gagne à aller chercher dans l’article cavalerie ce qu’était cette doctrine et à lire les textes autour des cuirassiers de Morsbronn, de Frœschwiller et  du château de Frœschwiller. Autour du siège de Metz, la somme d’articles est très importante car nombre de personnages sont impliqués. Un système de renvoi guide partiellement le lecteur, dans ces cas ; le choix a été fait de mettre parfois des astérisques pour signaler une entrée en lien avec le texte lu présentement.

 

Selon les entrées, on a des développements plus ou moins longs, allant d’un quart de page à deux pages. Des surprises nous attendent comme le fait que Pierre Ier de Serbie, premier souverain du pays qu’on appellera ultérieurement la Yougoslavie, était en exil en France en 1870 et qu’il combattit comme sous-lieutenant dans la Légion étrangère ; fait prisonnier à la bataille d’Orléans, il réussit à s’évader. On apprend aussi par exemple que la garde royale prussienne est largement décimée lors de la bataille de Saint-Privat. On découvre que le siège le plus long est celui de Bitche qui dure 228 jours, devant celui de Belfort qui a un temps moitié moins long. On apprécie les nombreuses cartes géographiques et la reproduction des articles du Traité de Francfort.   

Pour tous publics Quelques illustrations

Octave

Note globale :

Par - 428 avis déposés - lecteur régulier

428 critiques
23/02/20
L’Affaire Bazaine, récit d’une trahison en 1870
Conférence gratuite proposée par le Comité d’Historicité Européenne de la Lorraine (CHEL) dans le cadre du 150ème anniversaire de la guerre de 1870, le 13 juin 2020 de 120h30 à 12h00, salle de conférence, Hôtel Novotel de Metz, place des Paraiges.
428 critiques
28/02/20
Napoléon III et la guerre de 1870, par Éric Anceau. Musée de la Grande Guerre.
Le 18 mars 2020

Cette conférence, en lien avec le début du parcours de visite du musée, reviendra sur le contexte international et national en expliquant les raisons qui ont conduit la France à déclarer la guerre à la Prusse puis à se retrouver face à toute l’Allemagne au travers d’une crise de 13 jours (crise de la succession au trône d’Espagne et l’affaire de la dépêche d’Ems).
Sur réservation https://www.museedelagrandeguerre.eu/fr/agenda-culturel/evenement/napoleon-iii-et-la-guerre-de-1870-2601.html
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