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Communardes, Nous ne dirons rien de leurs femelles

Communardes, Nous ne dirons rien de leurs femelles
Vents d’ouest 56 pages
1 critique de lecteur

Avis de Xirong : "Si tu mets le serpent dans le sac, apprends d’abord à faire des nœuds (proverbe africain)"

Notre titre est une allusion à deux petites erreurs historiques, l'une pour la période du Second Empire concernant l'Afrique et l'autre pour la Belle Époque en rapport avec ce continent noir que sont les femmes (comme disait Freud).

Voilà donc le troisième volume d’une série qui met en valeur des femmes communardes, si nous sommes ici dans la fiction on sait que depuis quelques années des recherches d’historiens ont permis d’en identifier certaines n’ayant certes pas joué un rôle de premier plan comme Louis Michel (présente dans plusieurs BD), la bretonne Nathalie Lemel, Louise Arzelize (femme Jumelle) appelée "la générale de la Commune", l’Auvergnate Paule Minck, la Poitevine André Léo ou Élisabeth Dmitrieff (à qui le volume deux de cette série était consacré). Ainsi une exposition était-elle récemment consacrée en partie à la communarde vendéenne Marie-Augustine Gaboriaud (épouse Chiffon). Globalement elles sont restées dans l’Histoire sous l’appellation de "pétroleuse" car dès les débuts de l’été 1871, des journaux versaillais nommèrent et construisirent ce mythe. Le titre "Nous ne dirons rien de leurs femelles" est emprunté à Alexandre Dumas fils, la phrase complète, paru dans "Le Figaro" est "Nous ne dirons rien de leurs femelles par respect pour les femmes à qui elles ressemblent — quand elles sont mortes".

L’action de "Communardes, 3 Nous ne dirons rien de leurs femelles" démarre en 1858 à Paris où un colonel revient d’Afrique chargé de trésors de chasse ; notons au passage que si notre militaire était allé au Dahomey  à l’époque il n’en serait sûrement pas revenu, en effet l'empire du Dahomey atteint alors son apogée avec le souverain Ghézo (qui décède justement en 1858). Si une place coloniale pouvait être sure pour un Français à l’époque en Afrique noire c’étaient uniquement les abords côtiers du Sénégal et du Gabon. Marie l’héroïne est domestique dans la famille de ce colonel composée de lui, de son épouse et de sa fille Eugénie. Cette dernière tombe enceinte des œuvres d’un jeune relieur Édouard et elle se retrouve envoyée au couvent alors que le jeune homme voulait l’épouser.

En 1871 Édouard et Marie se retrouvent sur les barricades de la Commune ; les circonstances vont leur permettre de sortir Eugénie du couvent, mais celle-ci est devenue folle. À travers  la fin de l’intrigue centrée sur Marie on assiste à la répression de la Commune et  toute la dernière page met en images sa vie en Nouvelle-Calédonie. Le texte accompagnant n’au aucun rapport avec les scènes en question, ni d’ailleurs avec la vérité historique, puisque le scénariste y fait preuve d’une exceptionnelle méconnaissance des mouvements féministes à la Belle Époque (lire à ce propos "Les filles de Marianne" de Christine Bard) en écrivant :

«  une volonté déterminée chez les versaillais et les républicains d’éteindre désormais, chez la femme, toute tentative de participation au pouvoir, toute velléité de paraître à l’avenir sur la scène politique. Cela fonctionna admirablement jusqu’au lendemain de la Première guerre mondiale ». (page 56)        

Pour tous publics Beaucoup d'illustrations

Xirong

Note globale :

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