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Moi, Charlemagne, empereur chrétien

Moi, Charlemagne, empereur chrétien
XO éditions 186 pages
1 critique de lecteur

Avis de Ernest : "Charlemagne est allemand car il y a magne dans son nom"

Une perle du brevet nous sert de titre ; en effet  "Charlemagne" et "Allemagne" riment. Max Gallo inonde en ouvrages historiques de vulgarisation et donne certainement le goût et les bases pour attaquer des ouvrages d’historien (c’est-à-dire de chercheur en histoire). Il est donc vraisemblable que les lecteurs de ce livre ne relève pas l’anachronisme qu’il y a à écrire page 157 au sujet des Vikings :

« Et, en 799, ils débarquèrent en Vendée ».

Rappelons que la Vendée est un département créé en 1789 à partir du nom d’une modeste rivière. Ceci dit dans le Bas-Poitou d’alors les Normands firent de nombreuses expéditions comme l’indique pour le IXe siècle une excellent carte dans l’ouvrage "Rollon : le chef viking qui fonda la Normandie". Ellle ne répertorie donc pas la première attaque répertoriée en France, celle de Noirmoutier en 799. Ce raid nous est connu par la lettre d’Alcuin, abbé de Saint Martin de Tours, à l’Evêque Arno de Salzbourg :


« Les navires païens, comme vous l’avez appris, causèrent de nombreux malheurs dans les îles de l’océan des régions d’Aquitaine. Une partie d’entre eux périt : environ 115 de ces pirates furent tués sur le rivage. Leur venue, inconnue du peuple chrétien aux temps anciens, est un châtiment important du fait que les serviteurs de Dieu n’observent plus les vœux qu’ils ont l’habitude de faire. »

L'historien Pierre Bauduin explique, à propos de la lutte contre les Saxons qu’entreprit Charlemagne  que « la crainte inspirée par la conquête du pays et la brutale soumission de ses habitants eut sans doute sa part dans le mouvement d'expansion viking ». Des Saxons se réfugièrent en pays danois et contèrent les massacres de leur peuple au nom du christianisme. Les Vikings, alors païens, comprirent qu’à moins d’affaiblir l’empire carolingien, ils allaient être les prochaines victimes de Charlemagne.

Si Max Gallo ne fait pas le lien entre les deux évènements, il évoque au moins au chapitre 13 le massacre de 4 500 Saxons apostats à Verden en 782. Il choisit comme narrateur Charlemagne lui-même, ce qui permet de donner une approche (certes quelque peu personnelle) du personnage. Douze chapitres plus loin est évoquée une visite de l’impératrice Irène de Constantinople Irène, alors veuve à Paderborn  en 799 (en Rhénanie-Westphalie actuelle). Si les historiens sont unanimement d’accord pour une présence du pape Léon III en cette ville (il a subi des violences à Rome et n’a été sorti du couvent, où il devait finir sa vie, que grâce à l’intervention de Charlemagne) et en cette date et que Léon III souhaitait un mariage entre Charlemagne et l’impératrice de Byzance, par contre la venue d’Irène nous semble extraordinaire, ou alors à la rigueur du miracle. Ce ne serait pas la première fois qu’un des collaborateurs en écriture de Max Gallo reprenne au mieux une légende comme fait historique ou au pire fasse un contre-sens.

«  Elle  se présenta elle-même, à Paderborn, et les yeux mi-clos j’observais son visage où chaque ride paraissait être la cicatrice d’un coup de poignard. Puis l’impératrice Irène repartit. Il fallait attendre encore ».  (page 126)

Il n’y a par contre rien à redire sur le chapitre 17 qui évoque en trois pages le guet-apens basque de Roncevaux  où on cite Vie de Charlemagne d’Éginhard (né vers 770), un texte écrit vers 830.  

Pour tous publics Aucune illustration

Ernest

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