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La dernière croisade

La dernière croisade
Perrin 312 pages
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Avis de Benjamin : "Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer"

Le chapitre cinq pose la question de savoir ce que Saint-Louis  allait faire à Tunis, dans un texte qui démarre  le mardi 1er juillet 1270, jour où Saint Louis à Aigues-Mortes fait célébrer la messe à l’aube, puis monte dans sa nef la Montjoie. Le lieu de rassemblement est fixé dans la principale ville de Sardaigne, ce qui n’est pas spécialement favorable (comme il est longuement expliqué) :  

« à l’apparition de la flotte croisée la réaction des habitants de Cagliari ait été plutôt réservée, voire franchement hostile. (…) C’est aussi que Cagliari dépend de Pise, et que les croisés naviguent sur une flotte génoise. Or Pisans et Génois sont engagés dans une rivalité impitoyable… De surcroît, depuis son royaume de Sicile, le frère de Saint Louis, Charles d’Anjou, a des vues sur la Sardaigne ; il a même proclamé un de ses fils roi de l’île.  ». (page 115)

En effet arrivent plus tard d’autres forces :

« Le vendredi 11  juillet arrivent les autres navires de l’expédition, partis d’Aigues-Mortes ou de Marseille, avec à leur bord les principaux barons, Thibaud de Navarre, Alphonse de Poitiers, le comte de Flandre, Jean, fils aîné du comte de Bretagne. Ils sont rejoints deux jours plus tard, le dimanche 13 juillet, par le légat et par le comte de Bretagne ». (page 117)

Cette illustration n'est pas dans l'ouvrage

Le roi fait un pari qui va se révéler bien hasardeux :

« Des personnes dignes de confiance, de plus, avaient montré à Louis les bonnes dispositions du roi de Tunis envers la foi chrétienne ; il se ferait facilement chrétien, si seulement il pouvait saisir le bon moment et se maintenir sur le trône sans craindre son peuple. "Ah, si seulement je pouvais voir cela arriver, que je puisse être le parrain et le protecteur d’un tel fils !" (…) Pour Saint Louis – et c’est toujours son confesseur qui parle –, que la grande armée croisée arrive devant Tunis, et le roi de la ville saisirait l’occasion de se convertir, pour éviter non seulement sa propre mort mais aussi celle de tout son peuple. » (page 125)

De plus « (Tunis) était facile à prendre, comme toute la région environnante ; et Tunis était pleine d’or et d’argent, remplie de toute une richesse infinie. Prendre Tunis, ce serait s’assurer la possession d’un trésor qui serait bien utile pour financer la reconquête de la Terre sainte ». (page 126)

Le roi de Sicile Charles d’Anjou, frère de Louis IX, n’entretient pas de mauvais rapports avec le calife de Tunis, et a des ambitions de guerre en Grèce ; il n’est donc pas favorable à un soutien à l’expédition vers Carthage.

Xavier Hélary a bâti son ouvrage en huit chapitres qui courent de 1254 (date du retour en France de Louis IX) au 15 août 1271 (sacre de Philippe III) en passant par la conquête du royaume de Sicile par Charles d’Anjou en 1265-1266 et la fin de mai 1271 (moment où on enterre le roi à Saint-Denis). Si l’expédition est un gage important pour une canonisation de Louis IX, elle est un véritable désastre militaire et vingt ans plus tard la dernière possession franque tombe aux mains des Mamelouks.   

Pour connaisseurs Aucune illustration

Benjamin

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