Ecrire un avis

Histoire de la Tunisie de Carthage à nos jours

Histoire de la Tunisie de Carthage à nos jours
Tallandier528 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Pas un long fleuve tranquille l’histoire de l’espace tunisien"

Sophie Bessis, née en 1947 à Tunis, est la fille de l’historienne Juliette Bessis et d’Aldo Bessis responsable communiste et militant syndicaliste de l’USTT (ancêtre de l’UGTT) et petite-fille d’Albert Bessis qui fut ministre au second gouvernement Ben Ammar en 1955-1956, puis député tunisien à l’Assemblée constituante (de 1956 à 1959) et à l’Assemblée  nationale (de 1959 à 1969).

Première remarque : plus de 270 pages sont consacrées à la période 1835-2015 dont 100 pages pour l’époque coloniale (1881-1956) et on dispose de 180 pages pour connaître l’histoire du pays de l’époque punique (qui débute à la fin du IXe siècle avant Jésus-Christ) jusqu’à l’époque où le France, en s’installant en Algérie, bouleverse tout l’équilibre politique du Maghreb.  

L’auteure rectifie quelques légendes, certaines s’appuyant sur quelques affirmations d’Ibn Khaldoun pour extrapoler. On retiendra en particulier ceci : « ce ne sont pas les révoltes autochtones qui ont scellé le sort de l’Empire romain d’Afrique, même si elles l’ont fragilisé, mais l’invasion vandale » (page 76). Dans les années 430, les Vandales s’installent dans l’Afrique consulaire (un peu plus grande sur les côtes que la Tunisie actuelle puisqu’elle couvre aussi Hippone chère à Saint Augustin, cité romaine dont les ruines sont actuellement dans la ville algérienne d’Annaba). Des deux siècles de leur domination, Sophie Bessis nous dit qu’ils n’ont laissé quasiment aucune trace même si des esprits malins penseront que le nombre assez important de Tunisiens actuellement plus ou moins blonds n’est peut-être pas loin d’être lié à la présence de ces barbares.

C’est aux Byzantins que les Arabes ravissent la région, mais ce sont les tribus berbères (avec en particulier à leur tête la Kahéna) qui donnent le plus de fil à retordre aux armées musulmanes. L’Ifriqiya eut son moment chiite au Xe et première partie du XIe siècle. Les Zirides, en quittant l’orbite fatimide chiite, pour se tourner vers les abbassides sunnites, doivent faire face à l’invasion hilalienne. Les Hilaliens sont des nomades de l’ouest de la péninsule arabique qui, après être passés par l’Égypte, se retrouvent à piller la région côtière où se trouvent les villes. Dans un second temps, en s’installant, ils vont renforcer la prégnance de la langue et de la culture arabe. Au XIIe siècle, les Normands de Sicile profitent des troubles pour s’installer à Djerba et dans quelques points de la côte dont Sousse. Toutefois les Almohades, venus du Maroc, sifflent la fin de la mêlée dans la seconde partie du XIIe siècle. Ils imposent un sunnisme plus rigoureux.

Les Aghlabides puis les Hafsides redonnent, au début du XIIIe siècle son autonomie à la région qui va de Bougie à Tripoli. On sait que Louis IX vient mourir en 1270 à Carthage, mort peu glorieuse puisque c’est la dysenterie qui le frappe peut-on penser, même si le médecin légiste Philippe Charlier émet une autre hypothèse, à partir de l’analyse des reliques de Saint Louis.  

Bien d’autres choses sont à découvrir, comme l’importance des juifs d’origine livournaise dans le commerce international au XIXe siècle et l’action de Khéreddine (ou Kheireddine), un grand vizir qui a un rôle de réformateur de l’État au début du milieu du XIXe siècle (mais qui dans un même temps favorise les gros propriétaires au détriment des métayers). La cure d’austérité, qu’il entend donner dans les trains de vie de la famille régnante, provoque son renvoi. La route est alors grande ouverte à la colonisation française…   

La première partie de l’ouvrage se nomme ‘’De la Déesse Afrique à la Tunisie’’, la deuxième ‘’Les quatre temps de la Tunisie contemporaine’’. Les deux derniers chapitres de ce second volet s’intitulent ‘’De Bourguiba à Ben Ali, les paradoxes tunisiens’’ et ‘’La révolution et après, une nouvelle séquence de l’histoire tunisienne’’.  Dans la conclusion, on relève à la page 485 « La Tunisie traverse depuis 2011 une période troublée dont personne, pour l’heure, ne peut prévoir la durée ni l’issue... ».

Pour connaisseurs Peu d'illustrations

Adam Craponne

Note globale :

Par - 605 avis déposés - lecteur régulier

451 critiques
21/03/19
La démolition des armoiries de la dynastie husseinite suscite l’indignation générale
https://www.tunisienumerique.com/tunisie-la-demolition-des-armoiries-de-la-dynastie-husseinite-suscite-lindignation-generale/
Connectez-vous pour laisser un commentaire
Vous aussi, participez en commentant vos lectures historiques facilement et gratuitement !

Livres liés

> Voir notre sélection de livres sur La Tunisie .

> Suggestions de lectures sur le même thème :
> Du même auteur :
> Autres ouvrages dans la même catégorie :