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Nous les appelons Vikings: catalogue d’exposition

Nous les appelons Vikings: catalogue d’exposition
Presses universitaires de Rennes ; Éditions du Musée du Château des ducs de Bretagne253 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Les Vikings ne connaissaient pas la peur mais les Scandinaves si"

Signalons d’abord que tiré à seulement 3 000 exemplaires, cet ouvrage devrait être très rapidement épuisé à l’état neuf. Il s’agit donc du catalogue de l’exposition qui se tient actuellement et jusqu’au 18 novembre 2018 au Musée du Château des ducs de Bretagne à Nantes.

Il y a aussi une partie rédigée par Élisabeth Ridel-Granger sur la présence des Vikings en Bretagne et dans les îles anglo-normandes. Elle renvoie très parcellement à l’exposition Namsborg: des Vikings à Nantes qui se tient, jusqu’au 6 janvier 2019, au Chronographe dans la ville voisine de Rezé avec des prêts d’originaux de la part du Musée départemental Dobrée de Loire-Atlantique.  Dans ses pages, au nombre d’une quinzaine, Élisabeth Ridel-Granger évoque en particulier la base viking sur l’île de Bièce à Nantes d’où ces pillards nordiques ravagèrent Bretagne, Poitou et Bourgogne au début du Xe siècle.  On a ainsi, à la page 244, une très belle vue aérienne de l’emplacement d'un camp viking dans le nord de la Bretagne. 

Le catalogue de cette exposition, au demeurant livré clés en mains (objets et muséographie) par le Musée historique de Stockholm au musée des ducs de Bretagne à Nantes, reprend à peu près les unités présentes dans l’exposition : À la rencontre des Vikings, Une communauté centré sur la famille, Bien plus qu’un culte, La mort et les rites funéraires, Savoir-faire et artisanat nordique, expéditions et expansion migratoire, Sur les mers.

En fait on prend prétexte des Vikings pour faire une approche bien large du mode de vie scandinave, principalement entre les IXe et XIe siècles. Réhabiliter les Vikings en nous parlant des paisibles populations au bord de la Baltique est très habile et on nous dit même que des textes évoquent leur propre terreur des vikings, un mot qui prend alors le sens de pillard, alors qu’au départ il désigne le voyageur en norois. Il nous reste plus qu’à attendre une exposition sur les Barbaresques, réalisée par le Musée du Bardo, qui évoquerait la vie quotidienne sous les Hafisides avec à la clé évidemment une réhabilitation de Barberousse… Mais revenons à nos Vikings, qui n’étaient d’ailleurs pas des moutons, ils vont même jusqu’au bord de la Caspienne où ils se procurent tant de la soie que des objets propres au bouddhisme (cliché ci-dessous).

Sont aussi proposées des photographies des extérieurs et intérieurs d’habitations colorées et animées ayant été reconstituées dans des musées ou des centres d’interprétations. Les objets sont présentés en très grand nombre et outre la connaissance de ce peuple, on approche son influence culturelle indirecte. Ainsi apprend-on par exemple que, dans la langue de Shakespeare, on conserve trois noms de jours en rapport avec la mythologie scandinave. En effet  proviennent respectivement des dieux  Wotan (adapté également en Odin), Tyr et Thor les noms de wednesday, tuesday et thursday.  

Les nationalisme danois, suédois puis norvégien raniment le souvenir des Vikings en tant que héros au cours d’un XIXe siècle et d’un tout début du XXe siècle où les frontières se modifient, la Finlande quittant le royaume suédois pour la souveraineté des tsars, la Norvège passant de l’appartenance aux rois de Danemark à celles des rois de Suède puis gagnant son indépendance, le roi du Danemark perdant la possession de la Norvège puis des duchés de Schleswig-Holstein. Ainsi, revivifiée en Sandinavie, cette culture se met-elle à devenir fortement identitaire aussi pour les Normands dans les Trente Glorieuses.

Dans le même temps nombre films et dessins animés anglo-saxons évoquent de façon plus ou moins positive ces hommes transportés par des drakkars. Il est vrai que les Vikings (et leurs descendants) pesèrent largement sur l'histoire des îles britanniques entre le VIIIe et le XIe siècle et que la revendication une présence viking en Amérique du nord autour de l'an 1000 donne des racines plus profondes à la présense européenne de l'autre côté de l'Atlantique.                

Pour connaisseurs Beaucoup d'illustrations

Adam Craponne

Note globale :

Par - 630 avis déposés - lecteur régulier

630 critiques
17/07/18
En écho à l’exposition Nous les appelons Vikings, le groupe breton Dour-Le Pottier Quartet invite les deux chanteuses scandinaves Mia Guldhammer et Sofia Sandén. Invitée d’honneur, la chanteuse écossaise Julie Fowlis, reconnue comme une grande interprète en langue gaélique, se produit pour la première fois à Nantes.
Dans le cadre de La Nuit bretonne
Samedi 21 juillet 2018 au château.
Tarifs : 14€ - 7€ : Détenteurs du Pass Château, de la Carte Blanche, demandeurs d'emploi, de 12 à 18 ans - Gratuit pour les moins de 12 ans
Billetterie en ligne et à l'accueil du musée
408 critiques
04/02/19
Auriez-vous aimé vous marier à la Viking?
http://www.slate.fr/story/172998/mariage-vikings-traditions
340 critiques
08/07/19
Juin 843. Des vikings débarquent en Bretagne
https://www.letelegramme.fr/histoire/juin-843-des-vikings-debarquent-en-bretagne-05-07-2019-12322928.php
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