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John Law : la dette ou comment s’en débarrasser

John Law : la dette ou comment s’en débarrasser
Les belles lettres283 pages
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Avis de Adam Craponne : "Grouchy arrive de guerre lasse à Waterloo et juste cent ans avant Law arrive trop tôt pour éviter un Waterloo financier"

Rappelons que "Law" se prononce "Lass" car on le dit en anglais Law's [son]. Voilà un ouvrage qui est en phase avec toutes les questions de bulles financières qui ont éclaté des dernières années et avec le problème des intérêts de la dette que doivent payer certains états.

Cet ouvrage permet de mettre fin à certaines légendes ou médisances autour de l’enfance et de la personnalité du personnage étudié. Edgar Faure dans son ouvrage "La Banqueroute de Law" publié en 1977 avait éclaircit bien des points sur les mécanismes financiers en jeu dans cette première expérience de papier-monnaie et pointé des aspects positifs qui perdurèrent. Toutefois Edgar Faure voyait John Law à la lumière des Trente Glorieuses marquées par un développement économique qui en France fut sérieusement accompagné par une volonté politique. De plus il avait un goût certain pour l’anecdote prêtant à sourire et avait quelque peu tendance à se dire que lui aurait réussi là où Law avait échoué. D’ailleurs il pensait que la Révolution française aurait pu être évitée grâce à deux grands hommes, Turgot mais il était déjà mort et Edgar Faure mais il n’était pas encore né.

Aussi le regard de Nicolas Buat est-il novateur tant par son angle d’attaque que par certaines sources auxquelles il a eu accès, aidé en cela par le fait qu’il est conservateur en chef aux Archives de Paris. Il nous permet d’approcher non seulement la pensée économique de John Law mais également ce qui caractérise particulièrement la société française de la Régence dans un début de XVIIIe siècle où la circulation fiduciaire était réduite  

 Les dix-sept chapitres bien structurés autour d’une idée force se succèdent : Le fils d'Éole, Le fugitif, Money and Trade, L’équation impossible, Le neveu de Colbert, Les donneurs d’avis,  De la banqueroute à la banque, Le Régent et ses ombres, Le serpent qui tenta Ève, L’offre de Law, Le Mississippi, Canicule, Le Système, Les millionnaires, Le discrédit, La rivière sans retour, Le côté de Guermantes.

On retiendra dans la conclusion :

« (…) la trappe à liquidités prend la forme d’une bulle d’actifs sans impact sur le secteur productif. Mais l’originalité de Law est d’avoir réussi à désendetter l’économie et le roi au péril de sa banque, selon un schéma inverse de celui qui prévaut aujourd’hui. Il existait au début du XVIIIe siècle des relais de croissance, mais le Système ne les a pas suscités. (…)  Les effets du progrès général qui se met en place entre 1715 et 1730 deviennent palpables à partir des années 1750, où le mouvement physiocrate accomplit une sorte de synthèse entre une révolution agricole et un libéralisme économique en devenir. (…) À l’issue d’une crise agricole séculaire, la principale contribution de Law est d’avoir facilité le désendettement initial de l’économie ».  (pages 255-256)   

Pour connaisseurs Aucune illustration

Adam Craponne

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