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Basil Zaharoff

Basil Zaharoff
Tallandier283 pages
1 critique de lecteur

Avis de Octave : "Le pourvoyeur de tous les charniers du monde sur plus d’un demi-siècle"

L’ouvrage est sous-titré L’incroyable histoire du plus grand marchand d’armes du monde. Basil  Zaharoff a un nom de famille russe car ses grands-parents sont partis de Constantinople pout se rendre  à Odessa en Russie, suite au pogrom anti-grec de 1821 (en réaction au désir d’indépendance des Hellènes). Toutefois le père de notre personnage revient en Turquie et c’est à Mugla en Anatolie au sein de l’Empire ottoman, que vient au monde Zacharias Basilius Zacharoff (sic), le 6 octobre 1849. Si l’auteur relève toutes les occasions où une origine juive est attribuée à Basil  Zaharoff, il en doute fortement.

 

En 1852, Basil et ses parents s’installent dans la banlieue de Constantinople au milieu d’une population très largement grecque. Le père, associé à son beau-frère, s’est lancé dans le négoce lucratif des roses à parfum. Il est possible que Basil ait fréquenté, lorsqu’il avait dépassé dix ans, l’une des écoles anglaises de Constantinople.

 

Peu avant vingt ans, il avait été embauché par un oncle maternel marchand d’étoffes ou de vêtements à Galata. Il dérobe la caisse et au début des années 1870, notre personnage est à Londres où ces indélicatesses l’amènent devant la justice. Le 14 octobre 1872, à Londres, en l’église All Saints de Kensington, sous le nom de  Zacharias Basilius Gortchakov, il épouse très officiellement Emily Ann Burrows. Il se sépara sans divorcer de cette dernière pour épouser en 1885 une héritière américaine Jeanne Frances mais sa bigamie étant révélée, le mariage est cassé et dans la foulée, il divorce d’Emily Ann Burrows.

 

À la fin de la Belle Époque , Zaharoff vivait dans un hôtel particulier à Paris, situé aujourd’hui 53 avenue Hoche. Notons qu’il ne fut paspropriétaire du château de Balincourt au nord-ouest de Paris à partir de 1916, c’est sa compagne María del Pilar, duchesse de Marchena qui l’achète. Il y réside l’été jusqu’ à sa mort en 1936, et est à Monte-Carlo l’hiver. Il avait été naturalisé français le 18 février 1898.

  

Pourvoyeur d’armes essentiellement fabriquées par la firme anglaise Vickers, en particulier dans tous les pays d’Amérique latine et des Balkans il est devenu l’homme le plus riche du monde au début du XXe siècle. Il a suscité des articles en France et en Russie qui inquiétèrent les dirigeants allemands et se traduisirent par le vote d’un colossal budget militaire à Berlin et des inquiétudes confirmées par le vote de la loi des trois ans qui allongeait en France le service militaire.

 

Il offrit une Rolls-Royce à Clemenceau, fit de Nicolas Pietri, futur exécuteur testamentaire du Tigre, son représentant en France, il recruta Michel Clemenceau le fils dans la société Vickers et mit Paul Clemenceau, l’un des frères cadets de Georges, au conseil d’administration de l’antenne française de Vickers. Son mécénat est diversifié et s’est exercé en particulier en direction des poilus de différentes façons (financement d’hôpital ou bourse donnée aux permissionnaires par exemple).

 

Zaharoff  joua un rôle non négligeable dans l’entrée de la Grèce, du côté des Alliés. Dans une lettre le 12 novembre 1915, Zaharoff écrit :

« Venizélos et moi sommes des bons amis et Skouloudis me suivra. Tout ce que j’ai à faire est d’acheter les journaux germanophiles et 45 députés grecs. 1,5 million de livres intelligemment dépensées pourraient raccourcir la guerre de plusieurs mois » (page 184).

 

Par ailleurs, il a recruté des hommes « issus des bas-fonds d’Athènes où ils peuvent se fondre rapidement, habitués à se faire discrets et nereculant devant aucune méthode, ces hommes de main sont chargés des basses besognes : intimidation d’élus et de fonctionnaires, distribution d’argent liquide, descentes dans les locaux des journaux germanophiles… et liquidations physiques «  (page 189).

 

D'autre part, notre personnage aurait agi pour pousser la Grèce à entrer en conflit de nouveau avec la Turquie en 1919, ce qui fut désastreux pour la première. Incontestablement le personnage ne créa pas mais attisa quelques rivalités entre pays, s’il n’est pas directement le déclencheur de guerres, il en profita largement et contribua par là à ruiner les finances de nombreux pays.

Pour connaisseurs Aucune illustration

Octave

Note globale :

Par - 422 avis déposés - lecteur régulier

356 critiques
14/08/19
Basile Zaharoff: Le marchand de mort
https://www.arte.tv/fr/videos/085197-006-A/the-lost-ones-basile-zaharoff/
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