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Femmes en armes: Itinéraires de combattantes au Pérou (1980-2010)

Femmes en armes: Itinéraires de combattantes au Pérou (1980-2010)
Presses universitaires de Rennes221 pages
1 critique de lecteur

Avis de Zaynab : "Comme arme plus la kalachnikov que le rouleau à pâtisserie"

Avec le développement des guérillas révolutionnaires, du terrorisme, des prises d’otages, et des attentats-suicides, nombre de femmes s’impliquent dans les actions violentes. L’auteure d’abord rappelle un certain nombre de choses ayant existé à l’échelle mondiale, comme  le fait que le premier attentat-suicide commis par une femme remonte à 1985 (il se produit au Liban au nom du Parti social nationaliste syrien, un des rares mouvements politiques libanais qui soit interconfessionnel). Dans cette même introduction, elle pose aussi la question des conséquences de la réappropriation des valeurs martiales par les femmes.

Elle ne s’intéresse, dans le corps de l’ouvrage exclusivement à l’exemple du Pérou. Le texte proposé présente trois volets : « La première partie s’intéresse aux moteurs et modes d’engagements des femmes dans le conflit armé péruvien », « La deuxième partie centre l’analyse sur la question de l’enfermement politique et rend compte des observations ethnographiques réalisées à Chorillos II », « La troisième et dernière partie de cet ouvrage établit les relations existant entre la violence armée et la violence sexiste, ainsi que la façon dont elles sont mobilisées dans le cadre de la reconstruction nationale ».

Au Pérou, comme ailleurs, ces femmes combattantes ont un statut flou car elles n’appartiennent pas à une armée régulière mais aussi souvent ne portaient pas d’uniforme. Camille Boutron s’intéresse en priorité à deux mouvements. On a celui du Parti communiste péruvien Sentier lumineux (PCPSL) qui est d’inspiration maoïste et guevariste descendant du Parti communiste péruvien ; il rentre en lutte armée en 1980 et en sort en partie dans le début des années 1990. L’autre parti est le Mouvement révolutionnaire Túpac Amaru (MRTA). Cette dernière organisation, dont le nom fait référence au dernier leader d’une révolte indienne contre les colons espagnols (ceci à la fin du XVIIe siècle), avait regroupé près d'un millier de militants au début des années 1990. Elle se fit connaître par des prises d’otages. Par ailleurs dans les villages se créent, avec l’appui de l’armée nationale des Comités d’action d’autodéfense (CAD) ; c’est sur ces groupements que l’on arrive à avoir paradoxalement le moins d’informations. Il faut y voir là entre autre un désir de l’État de ne pas impliquer les femmes dans les succès contre la subversion, de construire une mémoire collective de l’action d’opposition à la guérilla où les femmes n’auraient pas leur place.   

L’auteure montre comment les théories féministes sont assimilées par le PCPSL  qui relaie auprès des femmes l’idée qu’elles sont doublement exploitées en tant que prolétaire et femme. Toutefois les sendéristes mènent des actions meurtrières contre des femmes qui n’ont pas leurs idées et développent d’autres formes de combat contre les injustices. Dans les mouvements révolutionnaires armées, on trouve des femmes qui ont été parfois sensibles à la théologie de la libération et ont suivi des études secondaires voire ont débuté un parcours universitaire. La question de la coexistence dans les prisons de femmes qui ont commis des délits de droit commun et de incarcérées pour des raisons politiques est largement développée et le résulta n’est pas sans provoquer des surprises de tout ordre.   

Pour connaisseurs Peu d'illustrations

Zaynab

Note globale :

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