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Les apocryphes: témoins de l’Église plurielle

Les apocryphes: témoins de l’Église plurielle
Cabédita 96 pages
1 critique de lecteur

Avis de Benjamin : "N’as-tu pas compris que le figuier est la maison d’Israël?"

L’auteur désire inciter le lecteur à lire ce qu’on nomme les textes apocryphes et d’ailleurs il fournit une demi-douzaine de titres, parus entre 1997 et 2013 (la moitié en français et l’autre en anglais), qui présentent les textes, avec des notes, de cette abondante littérature.

Si l’étymologie de ce mot "apocryphe" est "secret", ces textes n’ont rien de sulfureux ; ils sont simplement caractérisés globalement par le fait qu’ils n’ont pas intégrés dans l’ensemble des livres saints par l’Église catholique. Ils ont pu  servir de support à des fictions, certaines bien innocentes comme Les enfances du Christ de Geneviève Fauconnier et d’autres plus caustiques. On peut savoir que Dan Brown dans le Da Vinci code s’appuie sur des faits rapportés dans l’évangile apocryphe  de Philippe (écrit à la fin du IVe siècle) retrouvé en 1945 en Égypte au côté de l’évangile de Thomas. D’autres encore plus érudits n’ignorent pas que L’Apocalypse de Paul inspira certains passages de la Divine Comédie de Dante.    

Cette littérature n’ayant rien d’interdit, tous ceux qui s’intéressent à l’histoire du christianisme trouveront là en particulier les idées que cette religion fut bien plus plurielle dans ses premiers siècles que l’on pense, que ces écrits remettent en cause quelques vérités officielles et que certains passages de ces textes ont influencé le discours de l’Église même si après elle les a rejetés. Le regard porté par Jean-Daniel Dubois, directeur d'études à l'École Pratique des Hautes Études et Madeleine Scopello, directeur de recherche au CNRS sur ces textes est développée ici https://www.youtube.com/watch?v=4swrZMPVvtk

L’auteur rappelle que des textes ont été souvent classés dans cette catégorie, comme Le Protévangile de Jacques, parce qu’un des aspects de son contenu dérangeait les papes, à savoir ici que Jésus aurait eu des demi-frères.  Irénée de  Lyon puis Eusèbe de Césarée ont fait beaucoup pour laisser croire à l’unicité du message chrétien et l’unicité de la communauté qui le porte.

Régis Burnet montre que les monastères coptes furent de grands pourvoyeurs d’écrits apocryphes et que la traduction en grec (avec parfois des reprises successives de copistes) s’est souvent éloignée du message originel alors que des textes en copte, arménien ou guèze (parlé dans le royaume d’Aksoum puis progressivement seulement écrite en Abyssinie) conservent mieux l’esprit de l’ouvrage. Se reporter  pour des apocryphes éthiopiens à http://remacle.org/bloodwolf/apocryphes/table.htm

Dans un chapitre intitulé "Les premiers témoins de communautés diverses", l’auteur présente le contenu (de ce qui nous ait parvenu) de deux papyrus datant du début du IIIe siècle, de l’Évangile de Pierre, de l’Évangile de Thomas,  de l’Évangile des Nazoréens,  de l’Évangile des Ébionites, l’Apocalypse de Pierre (nous avons emprunté une de ses phrases pour notre titre), l’Apocalypse de Paul. L' Évangile de Thomas. Ce dernnier est un de ceux qui évoquent l'enfance du Christ:

« L'enfant Jésus étant âgé de cinq ans, jouait sur le bord d'une rivière, et il recueillit dans de petites fosses les eaux qui coulaient, et aussitôt elles devinrent pures et elles obéissaient à sa voix. Ayant fait de la boue, il s'en servit pour façonner douze oiseaux, et c'était un jour de sabbat. »

Le chapitre suivant se nomme "L’archipel des gnoses" et les principaux textes gnostiques sont approchés après que de longues explications, autour de l’idée de gnose, ne soit donnée. On retiendra :

«  Les gnoses sont avant tout des spiritualités, que nous qualifierons de nos jours de "mystiques" qui invitent leurs fidèles, par un enseignement ésotérique, à s’engager sur le chemin intérieur. (…) les textes gnostiques (sont) des discours ou des traités à caractère révélatoire, le plus souvent un peu obscurs. » (page 38)

Suivent les chapitres suivants : "Les apocryphes sur Marie : par la mère, définir l’identité du fils", "Le cycle de Pilate : que s’est-il passé entre la passion et la résurrection ?", "Les actes apocrypges des apôtres : le début de l’hagiographie".  

Dans le dernier chapitre, l’auteur donne des exemples d’œuvres d’art qui s’inspirent de faits relatés uniquement dans des écrits apocryphes. C’est particulièrement le cas pour des images concernant la Vierge et on trouve celles-ci y compris dans des cathédrales comme celles de Chartres, Bourges, Amiens, Strasbourg, Lausanne et Milan.  On apprécie considérablement l’index des textes apocryphes cités, ceux-ci sont au nombre d’une grosse quarantaine.   

Pour connaisseurs Aucune illustration

Benjamin

Note globale :

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