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Travailleuses, travailleurs !

Travailleuses, travailleurs !
Salvator174 pages
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Avis de Ernest : "Un ouvrage sous-titré « Les Pères de l’Église et l’économie""

Les Grecs et les latins païens méprisaient le travail manuel. La question est de savoir si l’arrivée du christianisme a modifié cette opinion et quelle fut la position des chrétiens vis-à-vis de l’esclavage. Selon l’auteur, dans le christianisme, l’idée que le labeur manuel n’est en aucun cas une malédiction est renforcée par les initiatives du pape Léon XIII qui s’intéresse d’ailleurs à la condition ouvrière.

Si les autorités religieuses de la fin de l’Empire romain se refusent à condamner l’esclavage, elles conseillent aux maîtres la bienveillance. Pages 53 et 149, l’auteur rapporte la même anecdote sur les esclaves réfugiés dans un monastère en Bithynie (province romaine donnant à la fois sur la Mer Noire et la Mer de Marmara) pour échapper à leur statut. Au Ve siècle Hypatios, qui dirige le monastère avec le titre de premier higoumène, refuse de rendre les esclaves en question à leur maître en déclarant : « Si vous pensez en termes humains, bien sûr, ce sont vos esclaves (douloï) ; si vous ne pensez pas en termes humains mais selon Dieu, ce ne sont pas vos esclaves mais vos compagnons d’esclavage (sundouloï). Si donc vous les éloignez de Dieu, notre Maïtre commun  (koïnou Despotès), que vous fera-t-il ? Ne va-t-il pas déchaîner son courroux contre vous ».       

L’auteur cite abondamment saint Paul, saint Augustin et saint Ambroise. Ce dernier, évêque de Milan à la fin du IVe siècle, se préoccupe de la désertion des campagnes et donc du sort des paysans (page 81). Saint Augustin, évêque d’Hippone au début du Ve siècle, refuse de condamner le commerce pour valoriser la responsabilité personnelle du commerçant. « Augustin reprend et confirme son idée d’une agriculture pratiquée dans le paradis terrestre par Adam avant le péché originel, une activité exempte du poids de l’effort ». Pour lui ce qui compte c’est la moralité d’un homme quelque soit sa profession (page 117). En rappelant l’infériorité sociale des parents du Christ, des apôtres et de certains premiers chrétiens, il réhabilite les métiers manuels. Pour saint Paul de Tarse qui vécut au Ier siècle, l’esclave devenu chrétien est un affranchi du Seigneur et l’homme libre chrétien devient un esclave du Christ. Affirmer la priorité de la vie religieuse sur les structures sociales fait que les chrétiens de l’Antiquité ne se donnent pas comme objectif de supprimer l’esclavage. Pour arriver à cet objectif, il faudrait imaginer un système économique alternatif à celui existant alors avec une forte dimension esclavagiste.   

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Ernest

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