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L’Histoire dessinée de la France, 1 La balade nationale : Les origines

L’Histoire dessinée de la France, 1 La balade nationale : Les origines
La Revue dessinée et La Découverte170 pages
1 critique de lecteur

Avis de Xirong : "Ce n’est pas du petit Lavisse en BD"

L’Histoire de France en bandes dessinées était parue chez Larousse à la fin des années 1970, si l’éditeur avait fait appel à de beaux crayons comme Manara, Gérald Forton (le neveu de Louis Forton) et Raymond Poïvet en particulier, par contre les scénaristes s’étaient inspirés des manuels d’histoire pour le cours moyen en usage jusque vers 1970. Ces derniers renvoyaient eux-mêmes au contenu des ouvrages d’Ernest Lavisse pour l’école primaire qui furent en large usage dès les débuts de la Belle Époque ; on est dans l’histoire-bataille, dans "ces rois qui ont fait la France" avec pour finir "la République a fait de la France le pays le plus libre du monde" et aux colonies "elle enseigne aux populations le travail".  Bref à un moment où, dans la période 1975-1985, le contenu des livres d’histoire dans l’enseignement élémentaire se penchait un peu plus sur le sort des paysans et ouvriers au cours des siècles, l’évolution des techniques et mettait un bémol au rôle civilisateur de la France dans ses colonies, L’Histoire de France en bandes dessinées recyclait l’histoire à la mode de Lavisse. Ce qui ne manquait pas de plaire aux parents qui y retrouvaient toutes les anecdotes (plus ou moins vraisemblables) et les héros de leur propre enseignement historique.

La série L’Histoire dessinée de la France est annoncée sur vingt tomes à paraître sur cinq ans et les auteurs entendent promouvoir une histoire plurielle s’appuyant sur la recherche historique. On ne sait pas comment ce louable objectif sera tenu, mais on est déjà content de son contenu. Commencer l’histoire de France par un regard critique sur la façon dont on l’a racontée, c’est un peu le thème de ce premier l’idée de ce premier tome de L’Histoire dessinée de la France. Ceci s’ajoute au sujet annoncé à savoir la Préhistoire.

Figurez-vous que dans une estafette partent en voyage culturel : Jeanne d’Arc, le général mulâtre Dumas (le père d’Alexandre), l’historien Jules Michelet, Marie Curie, Molière et le maréchal Pétain dans son cercueil. Page 151 on a le dessin du trajet effectué sur la carte de France, où d’ailleurs la Corse est absente.  

Après avoir quitté les côtes vendéennes (où nos héros ont récupéré le cercueil du Maréchal, rappelons que ce ne sont pas les premiers à réaliser cet exploit), nos héros se dirigent vers Carnac (pour ses alignements mégalithiques) puis vers Calais (pour ses bourgeois) où ils se chargent temporairement d’un réfugié syrien d’Alep (il réapparaît ponctuellement dans d'autres lieux et est donc également un personnage important de ce récit), ce qui est l’occasion de rappeler que cette cité du Proche-Orient abrita une forteresse franque. Jules Michelet nous explique quand et pourquoi on décida de valoriser ces hommes qui vécurent au moment de la Guerre de Cent ans, en conclusion ce dernier déclare :

« Si l’on veut comprendre l’histoire de France, il faut d’abord savoir ce qui se cache derrière les images comme celles-ci » (page 32). En arrivant à Paris, le soldat inconnu se joint à eux et ils se rendant en divers endroits qui gardent en mémoire l’idée de la République. Cap ensuite sur Reims où est évoquée, avec un esprit critique, la dimension chrétienne de la France. Diverses questions se posent en arrivant à Huningue, ville alsacienne au carrefour de l’Allemagne et de la Suisse.

Les autres points de visite sont Solutré (pour en remettre une coche sur la Préhistoire), Bourg-Saint-Maurice  (questions de frontière et de la République face à l’ensemble des monarchies en 1794, avec la présence alors du général Dumas), Marseille (dimension coloniale à la fois du temps où la cité était grecque et à la période la colonisation française), Carcassonne (idée que la restauration d’un patrimoine peut manquer de fidélité), Lascaux et Gergovie (instrumentalisation de Vercingétorix).

En fin d’ouvrage chacun de nos voyageurs se voit offert une double-page ou trois pages pour que l’on puisse disserter sur leur vie. On a par ailleurs une dizaine de pages pour expliquer ce que pouvait être l’univers de la France avant l’arrivée des Gaulois,  une demi-douzaine de feuillets autour  des idées de nation et frontières et une dizaine de pages autour du pouvoir de l’image.  Un humour de bon goût porte le récit, et Pétain en fait plus que tout autre les frais.

coup de coeur !

Pour tous publics Beaucoup d'illustrations

Xirong

Note globale :

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