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Une histoire de la Libre-pensée

Une histoire de la Libre-pensée
L’Harmattan378 pages
1 critique de lecteur

Avis de Alexandre : "A bas la calotte !"

L’auteur préside l’IRELEP l'institut de recherches de la Libre-pensée, qui publie la revue Recherches & Études. Le livre est composé d’une suite d’articles ; la première partie pas plus que les autres n’a pas de titre et il semble difficile d’en trouver un, vu l’hétérogénéité des contenus pour chacune d’entre elles. On commence par évoquer Sylvain Maréchal fervent défenseur de l’athéisme et babouviste sous le Révolution française. Le second texte s’intéresse au nombre de libres-penseurs adhérents à une association en 1905, 1936, 1951, 1973 ; on peut estimer que durant les trois premiers quarts du vingtième siècle, on eut de 5 000 à près de 30 000 adhérents (au début du Front populaire). Les suivants critiquent sur le sujet le travail très conséquent de Jacqueline Lalouette et l’étude d’Albert Bayet d’un côté et de l’autre les écrits de René Raymond sur l’anticléricalisme et de Michel Onfray sur les athées. On est plus là dans la critique érudite destinée à un lectorat de libres-penseurs que l'analyse conçue pour un béotien.

La deuxième partie démarre avec une dissertation sur le rôle de l’histoire, la déontologie du métier d’historien et les lois mémorielles et se poursuit en évoquant divers historiens du XXe siècle. Ceci amène à une troisième partie qui interroge sur l’utilité et la façon de faire l’histoire de la Libre-pensée. Trois idées fortes : manque d’archives (pour diverses raisons données), pistes existantes et difficultés à comprendre les enjeux des divergences d’opinion entre libres-penseurs.

La quatrième partie réfléchit, à travers l’exemple des Giovanallis (issus des Franciscains), sur le traitement de l’hérésie par l’Église puis autour de la place de la religion et de l’athéisme sous la Révolution.  Ceci amène aux débats sur la loi de 1905, où l’auteur qui aime relever les perles en a laissé échapper une dans son ouvrage, Jaurès déclarant : « La France n'est pas schismatique, elle est révolutionnaire ! » et non « La France n'est pas schématique, elle est révolutionnaire ! » (page 127). Un texte est consacré au conventionnel normand Jean-Baptiste Lecarpentier, d’autres à des situations s’étant traduites par des exécutions comme en Avignon fin 1791 et début 1792, une à la Conjuration des égaux (avec Babeuf), un sur Blanqui…

Concernant strictement la Libre-pensée, on a des articles sur son congrès international à Rome en 1904 et au Trocadéro en 1905, le rôle des libres-penseurs dans l’élaboration de la loi de 1905, divers libres-penseurs dont en particulier les trois députés SFIO présents en 1916 à Kienthal en se centrant sur Pierre Brizon dont un militant de la Libre-pensée a fait la biographie. Il est notable que l’auteur ne mentionne pas que La voix de l’humanité est durant la Première Guerre mondiale l’organe régulier de La libre-pensée internationale, le journal est édité à Lausanne. On a aussi un article au sujet des projets avortés en 1984 d’un grand service public de l’éducation.  C’est dans les textes "Comment la Libre-pensée a honoré Bayle, Vanini, Doret (dans l’espace public)" et "Esquisse d’une Histoire de la Libre-pensée des origines à 1975" que l’on trouve le plus d’indications sur l’évolution de la Libre-pensée. Les conflits à l’intérieur de l’association sont récurrents et des clés pour les comprendre sont nécessaires, elles ne sont toujours pas données (comme l’opposition entre Lorulot et Las Vergnas en 1959-1960).

Depuis près d’un demi-siècle s’est écoulé et il faut deviner derrière la mention du virage pris en 1995 une allusion à la prise de responsabilité de nombreux libres-penseurs trotskystes qui entraîne d’ailleurs le départ de certains puis la création d’une Association Des Libres Penseurs de France (plutôt implantée en région parisienne). Certains diront que le départ se fit aussi par rapport au fait que les nouveaux dirigeants entendaient ne pas dissocier question religieuse et question sociale. Beaucoup de Français peuvent souhaiter que l’on ait association comme la Libre-pensée très active au XXIe siècle et on peut s’interroger d’où viendra la relève militante, sachant que les adhérents proches du courant lambertiste sont en voie de fossilisation.

En bref, l’ouvrage nous apprend de quelles sources la Libre-pensée tire son combat, mais globalement ne nous explique pas quelles furent les actions concrètes de ce mouvement tout au long du XXe siècle et du début du XXIe siècle, ce qui ne veut pas dire qu’au gré des textes on n’en trouve pas quelques allusions comme le combat contre le financement de la cathédrale d’Évry par la République française ( réalisé en prenant prétexte que la subvention concernait le musée d’art sacré inclus dans celle-ci). Bref alors qu’on attendait une histoire de la Libre-pensée, on trouve ici plutôt une présentation de libres-penseurs des temps héroïques (le XVIIIe siècle) et des critiques sur des écrits d’historiens sur la Libre-pensée.

 

 

 

Pour connaisseurs Aucune illustration

Alexandre

Note globale :

Par - 271 avis déposés - lecteur régulier

271 critiques
10/03/18
Interview donnée par Georges Las Vergnas
Lausanne – 28.11.1971 – radio suisse romande
http://www.librepensee.ch/fr/2008/05/interview-donnee-par-georges-las-vergnas/
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