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Blaise Pascal: Un homme aux milles facettes

Blaise Pascal: Un homme aux milles facettes
Saint-Léger274 pages
1 critique de lecteur

Avis de Benjamin : "Le monde est si inquiet, qu’on ne pense presque jamais à la vie présente et à l’instant où l’on vit ; mais à celui où l’on vivra (Pascal, Lettre à Mlle de Roannez)"

Il s’agit là des actes d’un colloque qui s’est tenu  les 24 et 25 février 2025  à l’Université de Namur. L’avant-propos est de Joël Spronck. Il affirme que : « chez Pascal, le scientifique, le penseur et le croyant ne cessent de dialoguer. En ce sens, il plaide pour une rationalité humaine élargie, qui ne s’enferme pas dans l’autosuffisance, mais s’ouvre à la Transcendance, à Dieu (contre tout rationalisme ou scientisme) » (page 8).

L’introduction générale est due à Dominique Lambert, Laura Rizzerio et Christophe Rouard. Il est rappelé que Pascal était originaire de Clermont, d’ailleurs autour de l’année 2000 un projet de création d’un musée consacré à Blaise Pascal fut envisagé (mais abandonné) dans la préfecture du Puy-de-Dôme. Ce colloque est en lien avec le quatrième centenaire de la naissance de Blais Pascal. 

Pascal Dasseleer nous informe sur les nombreuses occupations de Blaise Pascal, tour à tour mathématicien, physicien, inventeur, écrivain, philosophe, homme du monde, moraliste et mystique. Il dégage ensuite ce qui fait l’unité du personnage. Dominique Lambert livre une communication intitulée "Penser les rapports entre Sciences et Foi". Son texte, vers sa fin, nous dit que : « le point décisif est ici que la science ne peut pas atteindre, par méthode, ce qui est de l’ordre du transcendant. Elle ne peut pas non plus fonder une éthique et esquisser une réponse satisfaisante au problème de la misère et de la souffrance. (…) La position pascalienne, en intégrant le point de vue du rédempteur et en tenant compte de la misère humaine, vient apporter une espérance cohérente à l’homme qui pourrait se croire vaincu et dissous dans cet univers froid et trop grand pour lui. Cet éclairage proprement théologique de ce qui est laissé ouvert au cœur de la science, mais qui est décisif dans l’ordre de l’action humaine, est probablement la seule manière consistance de concevoir aujourd’hui les rapports sciences-foi en respectant les deux ordres. Pascal nous a ici ouvert une voie très précieuse … et combien stimulante » (page 145).

Christophe Rouard nous affirme que la vision de l’homme, dans la pensée de Pascal, n’est pas pessimiste. «  Il croit que l’homme peut être grand, que s     vocation est haute et qu’il est appelé à se dépasser lui-même » (page 77).Marie Udekem-Gevers pourquoi la Pascaline, machine offerte par Pascal à la reine Christine de Suède est l’ancêtre de l’ordinateur.  

Etienne de Roquigny nous décrit un Pascal dans des fonctions d’entrepreneur. Il invite à s’ »inspirer de Blaise Pascal pour discerner dans l’entrepreneuriat technologique une voie de sainteté, en donnant sa vie par ses talents pour servir la gloire de Dieu et le salut du monde » (page 161). Marie-Gabrielle Lemaire, militante pour la cause de la béatification, du père jésuite Henri de Lubac, explore  ce que ce dernier prend de la pensée de Pascal dabs sa propre œuvre. Henri de Lubac né le 20 février 1896 à Cambrai et mort le 4 septembre 1991 à Paris 7ᵉ, fut fait cardinal en 1983. Rappelons que Pascal fut un ardent défenseur du jansénisme. Une des dernières phrases de la communication est : « il nous semble que la doctrine spirituelle du P. de Lubac est plus ample et plus réflexive. D’une certaine façon l’on peut dire qu’Henri de Lubac a déployé les virtualités contenues dans l’œuvre de Pascal, en offrant une transposition théologique de sa pensée et même, en la prolongeant philosophiquement puisqu’il tire les implications pratiques du dynamisme spirituel dans l’activité de l’intelligence et de la volonté » (page 197).  

Jean-Michel Counet évoque la mystique et la théologie de Pascal. Puisé dans les idées véhiculées par le jansénisme, les œuvres religieuses de Pascal sont conséquentes. Notre contributeur « nous ouvre à l’intelligence [du Mémorial], mais aussi à celle du Mystère de Jésus, un texte intégré dans les Pensées. Il souligne le rapport de Pascal à l’Écriture et sa conception particulière de la grâce, qui a suscité tant de discussions de son temps et dans la suite de l’histoire de l’Église » (page 18).

Christophe Cossement propose une communication dénommée "Pascal et l’actualité de l’apologétique". Après avoir exposé l’apologie pascalienne, le contributeur se penche sur la forme actuelle de celle-ci lors de Vatican I, Vatican II et dans l’Église actuelle. Il écrit que : « Pascal cherche des preuves qui parlent au cœur avant celles qui convainquent l’esprit. Puisqu’il lui faut mettre en mouvement l’esprit endormi dans le divertissement, il met en relief un "pari", premier exercice de la volonté qui pourrait bien ouvrir le chemin à la lumière. Mais on aurait tort de faire du pari le sommet de son argumentation. Au contraire, Pascal soin de détailler des preuves qui se confortent en s’appuyant les unes ou les autres, comme cela peut émaner de la nature de la foi » (page 237).

Guy Harpigny, évêque émérite de Tournai, livre une postface. Il s’agit pour au départ un commentaire de la lettre du Pape François pour le quatrième centenaire de la naissance de Blaise Pascal intitulée "Grandeur et misère de l’homme".   Il nous informe que Benoit XIV avait déjà donné une réflexion sur le pari de Pascal. Ce contributeur avance que : «  lire l’œuvre de Pascal, ce n’est donc pas d’abord découvrir la raison qui éclaire la foi ; c’est se mettre à l’école d’un chrétien à la rationalité hors normes, qui sut d’autant mieux rendre compte d’un ordre établi par le don de Dieu au-dessus de la raison » (page 258). Il poursuit deux pages plus loin, en s’appuyant ce qu’écrit le pape François, par : «  En revanche, ce que Pascal a bien vu, c’est le néo-pélagisme qui voudrait que dépende de "l’effort humain canalisé par des normes et des structures ecclésiales" » (page 260).

On apprécie les inserts réguliers dans les textes pour préciser le sens à mettre à des mots relevant généralement du vocabulaire catholique comme : révélation, esprit, commencement naturel, loi naturelle, raison… Il est offert vingt-cinq illustrations en couleurs sauf quand il s’agit d’une photographie ou un dessin d’une certaine époque.

Pour connaisseurs Beaucoup d'illustrations

Benjamin

Note globale :

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