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Égypte, la guerre de Bonaparte

Égypte, la guerre de Bonaparte
L’Harmattan424 pages
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Avis de Adam Craponne : "Une aventure très largement financée par des Bataves, des Suisses et les bijoux du pape"

Un des aspects méconnus de cette expédition est que l’idée de celle-ci vient de Talleyrand ; ce dernier séjourne en Angleterre puis aux USA de septembre 1792 à septembre 1796 et en juillet 1797 il devient ministre de Relations extérieures, grâce à l’influence que Mme de Staël a sur Barras.   

Dès sa nomination, Talleyrand écrit au général Bonaparte:

« J'ai l'honneur de vous annoncer, général, que le Directoire exécutif m'a nommé ministre des Relations extérieures. Justement effrayé des fonctions dont je sens la périlleuse importance, j'ai besoin de me rassurer par le sentiment de ce que votre gloire doit apporter de moyens et de facilité dans les négociations. Le nom seul de Bonaparte est un auxiliaire qui doit tout aplanir. Je m'empresserai de vous faire parvenir toutes les vues que le Directoire me chargera de vous transmettre, et la renommée, qui est votre organe ordinaire, me ravira souvent le bonheur de lui apprendre la manière dont vous les aurez remplies. »

Le 6 décembre 1797, à Paris les deux hommes se rencontrent pour la première fois ; Napoléon Bonaparte vient de signer le traité de Campo-Formio.

Selon Pascal Cyr, cette expédition manque de moyens matériels pour réussir par contre elle réussit (au moins dans un premier temps) par la qualité des troupes qui la composent. Ceci laisse d’ailleurs une défense de la métropole en état de faiblesse du fait de ce choix mené par Bonaparte. Par contre la compétence des marins est plus que sujette à caution (pages 46-47). Le financement se fait par des contributions venant essentiellement du canton de Berne, des Pays-Bas (la République batave) et d’Italie (biens confisqués au pape Pie VI, ce dernier est d’ailleurs exilé et il meurt à Valence).    

Le 19 mai 1798 se fait l’appareillage de la flotte française pour l'Egypte ; treize vaisseaux de ligne, quarante-deux frégates, bricks et avisos, centre trente transports emportent le corps expéditionnaire de 37 000 hommes. Pascal Cyr évoque ensuite successivement la prise de Malte, les premiers succès, le désastre d’Aboukir, la gestion du pays et les combats ultérieurs sur terre. Si Bonaparte quitte fin août 1799 le pays des pyramides, ce n’est que deux ans plus tard que l’armée française capitule ; quasiment 23 000 soldats sont rapatriés alors que près de 9 000 reposent sur le sol égyptien. Napoléon revient dans l’état d’esprit qu’il a dirigé un pays pendant plus d’un an et il se sent donc prêt à prendre les destinées de la France.

Toutefois l’ouvrage est destiné à conter essentiellement des faits militaires, aussi il ne s’attarde pas sur d’autres aspects comme sur le fait que Napoléon ait pu se dire "musulman".  Dans sa Lettre au Cheikh El-Messiri du11 fructidor an VI, Napoléon Bonaparte écrit:

«  Le général Kleber me rend compte de votre conduite et j'en suis satisfait. (...) J'espère que le moment ne tardera pas où je pourrai réunir tous les hommes sages et instruits du pays, et établir un régime uniforme, fondé sur les principes de l'Al-coran, qui sont les seuls vrais et qui peuvent seuls faire le bonheur des hommes ».

À la lecture de l’ouvrage "Égypte, la guerre de Bonaparte", on apprend au passage des informations insolites comme la grande impopularité de Masséna auprès de ses troupes (page 35), que les soldats français marchent à 120 pas à minute quand les militaires étrangers en sont encore à 70 (page 39)… De la correspondance de Bonaparte avec les populations locales, on retiendra sa lettre aux cheiks, oulémas et commandants de Jérusalem: « Les habitants de Jérusalem peuvent choisir la paix ou la guerre. S'ils choisissent la première, qu'ils envoient au camp de Jaffa des députés pour promettre de ne jamais rien faire contre moi ; s'ils étaient assez insensés pour préférer la guerre, je la leur porterai moi-même. Ils doivent savoir que je suis terrible comme le feu du ciel contre mes ennemis, clément et miséricordieux envers le peuple et ceux qui veulent être mes amis ».

On apprécie les dix cartes proposées, même si une fois de plus on n’a pas eu l’intelligence de mettre celles pour lesquelles cela se justifiait (la majorité d’entre elles) dans le sens de la longueur afin de les reproduire à une plus grande taille.  

Pour connaisseurs Quelques illustrations

Adam Craponne

Note globale :

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