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Des tirailleurs sénégalais se racontent

Des tirailleurs sénégalais se racontent
L’Harmattan 407 pages
1 critique de lecteur

Avis de Ernest : "En temps de paix, quand il en a l’occasion, l’ancien valeureux soldat se joue encore de celui qui est en face de lui"

On peut distinguer, dans cet ouvrage, d’abord trois parties où successivement l’auteur évoque successivement les tirailleurs sénégalais à la Belle Époque, les mêmes durant la Première Guerre mondiale et enfin toujours ces soldats africains durant la Seconde Guerre mondiale. Ceci est l’occasion de faire connaître un personnage comme le sergent Malamine à qui Brazza doit d’avoir conquis pacifiquement le Congo français. Rappeler que durant la Grande Guerre les tirailleurs furent présents tant sur l’hexagone que sur le front d’Orient (les Dardanelles puis pour les opérations à partir de Salonique) en l’illustrant, est pertinent. Pour la Seconde Guerre mondiale, le massacre le 1er décembre dans le camp de Thoaroye de tirailleurs sénégalais revenant de captivité est très largement développé.

Là où cela se gâte, c’est pour la dernière partie avec des interviews de tirailleurs ayant fait les guerres coloniales. Remarquons, au passage, que le titre du livre renvoie à moins du quart du contenu. Comme l’auteur pose parfois des questions auxquelles évidemment l’ancien militaire ne peut répondre, ce dernier lui conte une ânerie. A-t-on idée de demander à un sergent-chef quel rôle a joué le général de Gaulle en Algérie ? De Gaulle aurait déclaré à Alger au mess (sic) devant officiers et sous-officiers que l’Algérie serait indépendante, cela aurait entraîné immédiatement  le putsch des généraux et le retour de de Gaulle en métropole (page 297). Je félicite Aliou Ba pour son esprit de synthèse et ses qualités d’imagination...  En fait le dernier voyage du président de la République en Algérie date de décembre 1960, bien avant le putsch. Comment un historien peut-il rapporter cela ? Quand un témoin dit des choses invraisemblables de ce niveau, on coupe et la solution de la note rectificative est encore une autre solution.

Et on n’en a pas fini avec les réponses idiotes dues à des questions bêtes puisque l’auteur demande à notre militaire si Jean Marie Le Pen faisait partie de l’OAS. D’abord si on est un tant soit peu au courant de la Guerre d’Algérie ou du parcours de Le Pen, on connaît la réponse…  Tout le monde sait que Le Pen fut lieutenant en Algérie pendant six mois et qu’au moment où l’OAS se manifeste il est député de Paris. Si on a eu bien des choses à reprocher à Le Pen on ne mentionna jamais son appartenance à ce qui est une organisation illégale, commettant des attentats en France et en Algérie. Ensuite on saluera une fois de plus le contenu de la réponse : «  Ce gars-là est une grande gueule, il était juste un simple sergent comme moi qui n’a pas réussi dans l’armée ni dans la politique. Et en plus, il paraît qu’il n’aime pas les noirs » (page 315).

J’avais relevé aussi un autre endroit où une fois de plus l’auteur (j’hésite à dire ici l’historien) se voit raconter n’importe quoi  par le même interlocuteur sans réagir. Je l’ai gardé pour le dessert. « Quelques précisions à votre intention ; en temps de guerre, quand un officier perd son arme il doit se suicider ; quand un bataillon complet est décimé, c’est-à-dire tous les soldats tués jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul survivant, ce dernier doit se suicider » (page 295).       

Pour tous publics Quelques illustrations

Ernest

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