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Quand Vichy jugeait Léon Blum

Quand Vichy jugeait Léon Blum
Privat191 pages
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Avis de Octave : "La République n’a pas de place pour les détestations, les exclusions, les violences d’où qu’elles viennent (général de Gaulle)"

L’historien Rémy Pech est né près de Narbonne dont Léon Blum devint député en 1929 (dans le cadre d’une élection partielle, suite au décès d’Yvan Pélissier) après avoir été battu dans le XXe arrondissement parisien en 1928 par Jacques Duclos.  Rémy Pech assure la préface, rappelant que le procès de Riom se voulait à grand spectacle par les autorités de Vichy et que s’il le fut effectivement cela se retourna contre ses instigateurs, largement du fait des interventions de Léon Blum. Ce dernier, avec d’autres, était accusé d’être responsable de la défaite de juin 1940.

Les conditions de cette débâcle sont exposées dans le premier chapitre. Blum est à Paris encore peu de jours avant l’entrée des Allemands dans la capitale et il la quitte pour Montluçon dont Max Dormoy est maire depuis 1925. Les auteures reviennent sur les débuts des engagements politiques de leur personnage, évoquant notamment l’affaire Dreyfus et la Première Guerre mondiale où Blum fut directeur du cabinet de Marcel Sembat alors ministre des Travaux publics. Le rôle de Blum au Congrès de Tours est également esquissé comme d’ailleurs la scission en 1933 des néo-socialistes conduits par Marquet et Déat. Suivent évidemment les évènements conduisant au Front populaire et les actions des deux gouvernements de Léon Blum. 

On se rapproche de l’évènement qui est le sujet de l’ouvrage en évoquant l’affaire du Massilia, Léon Blum manquant heureusement son embarcation. Sont développées en prolongement les manœuvres de Laval débouchant sur les pleins pouvoirs confiés au maréchal Pétain. C’est à la mi-septembre 1940 que Blum est arrêté.

Incarcéré à Chazeron, avec d’autres accusés de trahison, il est transféré à la mi-novembre au château de Bourrassol à Ménétrol. On est là à trois kilomètres de Riom où se déroule le procès. Un mois plus tard, Pétain démet Laval de ses responsabilités ministérielles.

L’instruction, quoique raccourcie, le procès doit démarrer le 15 janvier 1942 mais ouvre finalement a finalement lieu le 19 février 1942 et se clôt le 15 avril de la même année. Une moitié de cet ouvrage en raconte les péripéties.

Outre Blum sont accusés Daladier, Gamelin, Guy La Chambre et Robert Jacomet. Reynaud et Mandel quoique inculpés ne sont pas poursuivis. Les deux premiers mettent en cause la responsabilité du maréchal Pétain dans certaines décisions prises dans l’Entre-deux-guerres et démontrent que la défaite provient d’erreurs stratégiques du haut commandement  bloqué sur les idées d'une politique défensive.

La presse ultra collaboratrice et Hitler se plaignent de voir les accusés être devenus les accusateurs. Le 14 avril 1942, après vingt-quatre audiences, le procès est suspendu pour un "supplément d'information "  et il ne reprendra jamais. On survole ensuite les dernières années de détention de Blum et son acton au début de la IVe République. 

Pour tous publics Aucune illustration

Octave

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