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Foch, chef de guerre

Foch, chef de guerre
Tallandier682 pages
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Avis de Octave : "« À la guerre, c’est celui qui doute qui est perdu : on ne doit jamais douter » (Ferdinand Foch)"

L’intérêt de cet ouvrage est de voir la part qu’un homme nommé chef d’état-major général en 1917, puis commandant suprême des forces alliées, prend dans la victoire. Pour cela, Élisabeth Greenhalgh a étudié, en plus de fonds en provenance de l’Hexagone, des archives privées et publiques à l’étranger : Belgique, Royaume-Uni et USA. Ces dernières avaient été largement inexploitées et c’est donc un regard nouveau qui est porté sur les capacités et les actions de celui qui fut nommé maréchal de France dès l’été 1918.

Winston Churchill lui avait rendu hommage, dans l’ouvrage Les Grands Contemporains, en ces termes : « Avec le recul, je crois que l’on comprendra mieux combien sa valeur spirituelle et la sagacité pénétrante de son jugement étaient de l’ordre le plus élevé ». Contrairement à un Pétain foncièrement défaitiste en mars 1918, Foch se montre toujours d’un bel optimisme. Clemenceau attribuera le bâton de maréchal à l’homme de Verdun, mais il dira en privé à Foch: « Nous l’avons amené à la victoire à coups de pied dans le cul ».

Les limites de l’action de Foch tiennent à ce qu’il est à la tête d’une armée de coalisés et qu’il doit négocier avant de réussir à s’imposer. On retiendra un commentaire du général de Gaulle qui montre sa dépendance :

« On voit mal ce qu’eussent donné ses plans et ses élans sans l’instrument agencé par Pétain, l’armée de Haig, les effectifs de Pershing, le matériel accumulé dans le camp des Alliés ».

Toutefois, il semblerait que les armées alliées eurent une action bien plus coordonnée que ne l’eût l’armée allemande dans son ensemble ; le général von Kuhl déclara fin 1918 que :

« le fait de n’avoir jamais atteint un degré de centralisation du commandement suprême semblable à celui dont put jouir le général Foch à la tête de toutes les armées alliées, révéla à maintes reprises le grand désavantage de notre position ».

Un chapitre original, pour l’édition en français seulement, est d’ailleurs consacré à l’action de Pétain durant la Grande Guerre pour répondre en particulier à sa critique de la signature d’un armistice à une date qu’il jugeait prématurée. Lui aurait voulu entrer en Allemagne pour signifier plus fortement la victoire des Alliés et il eût beau jeu de dire que s’il avait été suivi, le mythe du coup de poignard dans le dos ne se serait pas forgé. Élisabeth Greenhalgh montre que le contenu de l’armistice du 11 novembre est d’une extrême rigueur avec l’évacuation par les armées allemandes des pays de la rive gauche du Rhin et des trois têtes de pont d’un rayon de 30 km sur la rive droite. De là à songer à annexer la Rhénanie, à en faire un état-tampon ou obtenir une occupation militaire de la région ad vitam aeternam comme Foch et Poincaré le souhaitaient, il y avait non une marche mais un étage à monter, car ni les USA ni le Royaume-Uni n’étaient prêts à accepter cela et d’autre part l’Allemagne n’aurait jamais signé un tel traité. Chef d’une armée de coalisés, Foch ne percevait pas ici que la France ne pouvait imposer quoi que ce soit qui heurterait ses deux grands alliés. On lira à ce propos, dans Articles et discours de guerre de Georges Clemenceau chez Pierre de Taillac, le discours de ce dernier lors de la discussion du Traité de paix avec l’Allemagne au cours de la séance du 25 septembre 1919. Il relativise fortement l’intérêt d’avoir une frontière avec la République de Weimar qui suive le cours du Rhin. Par ailleurs, ceux qui s’intéressent au général Weygand trouveront dans cet ouvrage de précieuses informations sur les liens qu’il entretenait avec Ferdinand Foch.

Octave

Note globale :

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