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Florent l’artiflot

Florent l’artiflot
L’Harmattan200 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Attention à l'Angevine de poitrine !"

L’auteur a retrouvé les notes prises par son grand-père durant le conflit et il imagine que ce dernier décide dans l’Entre-deux-guerres d’écrire un roman en se basant sur ses souvenirs de guerre. Bernard Arbogast a connu ce grand-père puisqu’il est décédé alors qu’il avait douze ans.

Florent Grilleau est le véritable nom du poilu et Bernard Arbogast choisit d’en faire le narrateur interne. Le récit est bâti en fonction des documents fournis ; il démarre à la déclaration de guerre de 1914 et se termine en février 1918. Entre cette date et celle de sa démobilisation fin mars 1919, aucune page ne nous conte son maintien sous les drapeaux.

Florent Grilleau est un Angevin, ce qui explique qu’il soit mobilisé comme mitrailleur au 266e RI basé à Tours, il a le grade de caporal durant quasiment toute la guerre. Tonnelier dans le commerce du vin en Saumurois, il est fiancé à une jeune institutrice du Maine-et-Loire.

Si aucun des courriers qu’il envoie à l’arrière n’est présenté, par contre l’auteur a imagine les lettres de sa fiancée. C’est donc la vie de l’arrière et celle du front qui alternent au cours des pages. La dimension affective compte beaucoup, elle comporte deux pôles (celui de sa fiancée et celui de ses camarades de combat). Il est particulièrement attaché à un très jeune soldat qui travaillait dans la ferme de ses parents à Bessines village alors de 400 habitants près de Niort dans les Deux-Sèvres. Le récit s’arrête d’ailleurs au décès de ce dernier.

La démonstration est faite que des relations privilégiées existaient bien entre certains soldats et des animaux qu’ils fréquentaient dans la zone des combats ou des armées :

« Deux de nos chevaux ont été tués cette nuit, j’aimais bien le gris pommelé qui s’appelait Bijou, j’allais souvent le caresser et lui amenais parfois quelques carottes ». (page 145)

Le récit du vécu à Verdun en 1916 est des plus intéressants :

« Nous sommes dans une caserne à cinq kilomètres au nord de Verdun et faisons des travaux de défense, le bombardement est continuel et des tas de blessés arrivent ici. Il y a une ambulance et je retrouve David, un garçon de Varrains. (…) À vingt heures, les Boches attaquent par deux fois mais sont arrêtés par nos tirs de barrage et le feu de nos mitrailleuses. Le bruit est infernal, on se demande comment des êtres humains peuvent supporter cela ». (pages 144-145)

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Adam Craponne

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