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Les Chinois

Les Chinois
Tallandier 299 pages
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Avis de Xirong : "Un grand bon en avant vers la démocratisation autour de 2021?"

Depuis longtemps, on attribue aux Chinois nombre d’invention, mais là on est sérieusement surpris de lire que la FIFA (organisme il est vrai largement corrompu) ait attribué la paternité du football à l’Empire du milieu, ceci du fait qu’aux temps des Royaumes combattants (c’est-dire autour du IVe siècle avant Jésus-Christ) « des joueurs poussaient du pied une balle en cuir bourrée de cheveux et de plumes » (page 47). Ce jeu arriverait en Europe par la Route de la Soie, pour donner la soule française puis le football anglais. Au-delà de cette anecdote amusante, on voit à quel point les dirigeants chinois entendent placer leur pays dans le sillage de l'avant-garde de la modernité occidentale. La valorisation d'une Chine des Tang et un Empire du milieu des Ming, largement ouverte sur les espaces extérieurs (dont l'Afrique) va d'ailleurs dans le même sens.   

On reste d’autre part perplexe devant une phrase page 40 :

« En août 1917, quand la Chine déclare la guerre aux Allemands, les civils chinois sur le terrain en Europe rejoignent les forces alliées pour combattre ».

En fait les Chinois sous l’uniforme sont de l’ordre d’une demi-douzaine et se sont engagés dans la légion étrangère.  On signale dans le livre Les travailleurs chinois en France dans la Première Guerre mondiale  de  Ma Li le cas de Yipao Ma, un Chinois ayant fait des études en France à la Belle Époque qui se rend depuis sa province en Indochine pour s’engager dans la légion étrangère. Il meurt au champ d’honneur ; un hommage lui a été rendu le 11 novembre 2008 et en février 2009 à partir de documents des archives du Ministère des Affaires étrangères (AE, E 37, folio 104). Nous avions d’autre part noté, dans un dossier du Secrétariat chargé des Anciens combattants et Victimes de guerre, le cas d’un officier sorti de l’école militaire de Nankin ; il signe à 23 ans son engagement à Hanoï en 1917, il est blessé à la tête en mars 1918, gazé en juin et décède en septembre 1918 à Jaulzy dans l’Oise.

Dans cet ouvrage Les Chinois, Alain Wang tente de faire le point sur ce que vivent et pensent les Chinois. C’est l’ensemble de la société qui est passé au crible. Il propose six chapitres intitulés : La population 19 humains sur cent, De Mao à Xi Jinping, À quoi sert le parti communiste, Du désastre écologique à la révolution numérique, La famille et la révolution des mœurs, Nouveaux riches et nouveaux pauvres.

Dans le premier chapitre l’auteur s’interroge entre autre sur la place des religions dans la Chine actuelle. Le second chapitre caractérise les ères des dirigeants post-maoïstes : Deng Xiaoping, Jiang Zemin, Hu Jintao et Xi Jinping. Il pose aussi la question des volontés démocratiques de la société alors qu’on a assisté à une répression renforcée de la censure des médias ces dernières années. En 2013 un ouvrage de Tocqueville a vu nombre de ces passages mis en ligne par les réseaux sociaux ; en effet dans L’Ancien régime et la Révolution on peut lire :

« Dans un pays qui a une longue tradition despotique, la révolution est difficile à éviter sans réforme. Mais ce n’est pas parce que des réformes sont entamées qu’il n’y aura pas de révolution ».     

Dans chapitre trois, l’auteur s’interroge sur le rôle actuel du Parti communiste, sa bienveillance avec certains secteurs de la maffia chinoise et l’importance du trafic de drogue. Pour qui a voyagé en Chine, il sera évident que la catastrophe écologique devait être abordée, c’est le cas au chapitre quatre en même temps que le développement d’internet. Tout ce qui concerne les relations sexuelles et les enfants fait l’objet du chapitre cinq. Il y a toute une hiérarchie dans la prostitution et l’auteur donne en pinyin la demi-douzaine de termes servant à désigner en haut la concubine et en bas la fille pour les hommes des chantiers (celles-ci appartenant à des minorités ou étant coréennes du nord).

Il existe aussi tout une hiérarchie des revenus et si le système du passeport interne (autorisant à vivre en ville ou à la campagne) s’est assoupli, il n’est pas aboli. Sa suppression poserait la question de l’égalité des droits sociaux pour les Chinois. L’ensemble des questions est le sujet du chapitre six. Dans la conclusion, l’auteur prévoit que la célébration du centenaire du Parti communiste chinois en 2021 encouragera la revendication de réformes politiques.   

Pour connaisseurs Aucune illustration

Xirong

Note globale :

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