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Thierry de Royaumont, 2 La couronne d’épine

Thierry de Royaumont, 2 La couronne d’épine
Triomphe 72 pages
1 critique de lecteur

Avis de Xirong : "Une histoire piquante autour de le Sainte Couronne d’épines de Jésus-Christ"

"L’ombre de Saïno" est une des aventures de la série mythique "Thierry de Royaumont", elle a d’ailleurs donné son nom à la première librairie de BD de Marseille ; ouverte dans les années 1980, elle est devenue Planète livre au tournant du XXIe siècle. Avec "Thierry de Royaumont, La couronne d’épine",  on est en présence d’une série médiévale de Pierre Forget et Jean Quimper publiée dans l’hebdomadaire "Bayard" entre 1953 et 1959. Le scénariste n’est autre le père assomptionniste André Sève (d’origine drômoise) qui prend ici le pseudonyme de Jean Quimper, il était le rédacteur en chef de ce journal catholique pour la jeunesse et par ailleurs un ami de Georges Brassens à qui il a consacré une biographie.  

Cette série compte quatre aventures, à savoir "Le Mystère de l'émir",  "La Couronne d'épines", "L'Ombre de Saïno" et  "Pour sauver Leïla". Les éditions Triomphe ont fait le choix de mettre la première aventure en deux volumes, ce qui explique que l’on en soit au tome trois chez eux. Pierre Forget est un élève de l’école Estienne ; ses mains sont connues pour être celles d’un graveur hors pair, un certain Robert Mideau dans "Le cave se rebiffe". Pierre Forget prête en effet ses mains pour doubler celles de Maurice Biraud, voir le film en entier là  https://archive.org/details/LeCaveSeRebiffe-1961-GillesGrangier  

La publication s’est faite tout entière en couleurs, ce qui était exceptionnel pour l’époque ; on a des couleurs non d’origine mais rendues un peu moins criardes avec cette réédition. Mis-à-part "L’ombre de Saïno", dont l’action se déroule du château de Coucy en Picardie près de Soissons, cette série nous amène dans l’univers de l’empire latin de Constantinople et dans les états croisés de Terre sainte. On est en 1216 lorsque commence l’action de la BD  "La couronne d’épine", Henri de Hainaut devenu le second empereur latin de Constantinople vient de décéder ; cela fait douze ans que Byzance a été pillée par les Croisés.                      

La couronne d’épine est attestée comme relique de la basilique du mont Sion à Jérusalem, face à la conquête zoroastrienne perse menaçante de la ville sainte (qui a lieu en 614) elle est envoyée à Constantinople quelques années auparavant ; la Couronne est pieusement conservée et vénérée dans la chapelle impériale de Constantinople à partir de là. Les historiens continuent à nous dire que la Sainte Couronne est mise en gage en 1238 par Baudouin II de Courtenay, le dernier empereur latin de Constantinople auprès d’un marchand vénitien. Saint Louis la rachète à Baudouin II de Courtenay la même année, elle quitte Byzance pour Venise où l’hypothèque est levée. Elle arrive à la mi-août 1239 à Paris.  Notons que durant la Révolution, la Couronne d’épine, considérée comme objet patrimonial, est déposée à la Bibliothèque nationale.

Dans cette aventure de Thierry de Royaumont la Couronne d’épines a été dérobée par la veuve de l’empereur qui vient de décéder ; celle-ci d’origine bulgare (ce qui est exact historiquement) entend la ramener à son père le tzar de ce peuple. Thierry de Royaumont aidé ces habituels compagnons, auxquels se joint un mystérieux Grec, va tout faire pour la ramener. Par ailleurs sa fiancée est victime de diverses tentatives d’enlèvement. Des vignettes présentent des cartes qui permettent à la fois de voir le trajet parcouru dans cette aventure et de comprendre la complexité politique de l’époque  (pages 11, 13, 42 pour l’univers byzantin et bulgare ainsi que pages 55 et 60 pour des régions autour de la Mer noire tant en Asie qu’en Europe). Les Danishmendites (ou Danishmendites) sont une dynastie turque rivale puis vassale des Seldjoukites dont le lecteur apprendra l’existence ;  toutefois à la période évoquée ils ne sont plus les rivaux des Seldjoukites depuis environ un demi-siècle. Ainsi un des ressorts de l’action n’est pas exact historiquement, mais pour le reste on a de très bons repères chronologiques. Il est à noter que le roi bulgare impose à la bande de Thierry des épreuves quelques peu en rapport avec ceux d’Hercule, mais là chacun à tour de rôle utilise ses talents.

Une chose en complément, Jean-Pierre Dieudonnet alors journaliste et rédacteur en chef  à "Métal hurlant" écrivait à la fin des années 1980 au sujet de cette série (dont le scénariste Jean Quimper est membre de la congrégation des Assomptionnistes) :

« Ce sont des curés qui ont édité la meilleure BD de cape et d’épée du monde (…) ça donne presque envie d’aller à la messe le dimanche. »       

Accessible jeunesse Beaucoup d'illustrations

Xirong

Note globale :

Par - 488 avis déposés - lecteur régulier

265 critiques
25/12/15
"La bande dessinée à la recherche du Moyen Âge "

conférence par un universitaire en novembre 2015

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=3LePAgdB3z8
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