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Mille et jours en Tartarie

Mille et jours en Tartarie
Rocher412 pages
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Avis de Benjamin : "Le pays du frère du cocu le plus universellement connu!"

L’auteure commence par nous dire un mot de l’Ouzbékistan qu’elle assimile à la Tartarie, bien que celle-ci soit bien plus vaste. En fait le pays est enclavé, il a bien un débouché sur une mer, mais c’est la Mer d’Aral qui n’est jamais qu’un très grand lac qui, vu les prélèvements d’eau effectués, devrait disparaître en 2025. On aborde d’ailleurs ici l’histoire de la construction du Grand Canal du Fergana, un travail réalisé par 160 000 travailleurs forcés ; cette entreprise était destinée à permettre une irrigation créant les conditions pour une grande production de coron, c’est la cause principale de l’assèchement de la mer d’Aral.

Au XIXe siècle ces régions étaient des parties des khanats de Boukhara, Khiva et Khokand. Si la population est à 80% ouzbek par contre les frontières de cet état, né des ciseaux soviétiques, sont très arbitraires. Comme la Biélorussie, il a longtemps gardé comme président un personnage qui avait été un des dirigeants de l’Ouzbékistan avant la dissolution de l’URSS.  En effet ce n’est que fin 2016 que Islam Karimov décède et c’est son premier ministre Shavkat Miromonovich Mirziyoyev qui lui succède. Le pays a été tenu d’une main de fer et le premier récit de vie est celui de celle qui, alors jeune fille, a vu l’ampleur du massacre d’Andijan en 2005 où officieusement il y eu 1 500 morts. Toutefois le pays étant frontalier de l’Afghanistan, les dirigeants des pays occidentaux ont été très discrets.

En fait on connaît le nom de plusieurs villes du pays même si généralement on ne sait pas qu’elles appartiennent à l’Ouzbékistan. On relève Khiva, Tachkent, Boukhara, Fergana et surtout Samarcande.  Le pays préfère communiquer autour du fait qu’il est le pays de Marco Polo et qu’il est le pays des Mille et une nuits. Or ceci est faux dans les deux cas car Marco Polo dans son voyage aller (au retour il navigue de Chine en Perse) passe par le nord de l’actuel Afghanistan et que la ville où se déroule les Contes des Mille et une nuits est évidemment Bagdad et seul un personnage du récit cadre est originaire de Samarcande. C’est Chazenan, le frère du sultan Chariat qui révèle à ce dernier  qu’il est cocu.    

Cette carte n'est pas dans l'ouvrage

La question des droits des femmes dans l’univers médiéval de cette région est évoqué et on voit que grâce à Genghis Khan et Tamerlan la situation était bien meilleure ici qu’en Occident ou dans le reste du  monde musulman à la même époque. Un peu plus loin on apprend que l’avortement a été légalisé en 1920 par Lénine (Jeannette Thorez-Vermeersch nous l’a bien caché…).  Le récit se poursuit en suivant le destin de femmes actuelles qui ont connu bien souvent des déboires car mariées de force. En fond de décor, les questions de la montée de l’islamisme et les conséquences du désir de vivre dans un univers de consommation.

Grâce au journal tenu par une parente d’un personnage rencontré par l’auteure, on revit la situation de Tachkent dans l’ensemble des années 1940 et 1950. Dans cette ville ont été repliés durant la Seconde Guerre mondiale un certain nombre de fonctionnaires soviétiques en particulier ceux des institutions culturelles et scientifiques.

Au total ce sont sept femmes ouzbèques qui s’expriment. Les récits se faisant souvent en manfeant autour d'une table, on retiendra ces extraits:

« Pour un Ouzbek, la soupe est un plat complet dans lequel les laghman (nouilles), originaires de Chine, ont toujours leur place. La plus "complète" est la mastava qui mêle viande, riz et légumes, et qu'on savoure avec du lait caillé.» (p. 114)

« La chourpa de Goulia était célèbre dans tout le makhala. Faire bouillir pendant quatre heures à petit feu dans un grand faitout à fond épais des côtes d'agneau bien grasses mélangées à toutes sortes de légumes, cela sans oublier de prélever régulièrement à l'écumoire la couche blanchâtre et mousseuse qui se forme à la surface, voilà la recette de la chourpa, qu'on sert plutôt l'hiver surmontée d'une belle poignée de coriandre fraîche. » (p.114)

idé cadeau

Pour connaisseurs Aucune illustration

Benjamin

Note globale :

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