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Le Mexique des insoumis: La grande révolution de 1910

Le Mexique des insoumis: La grande révolution de 1910
Vendémiaire 254 pages
1 critique de lecteur

Avis de Alexandre : "Qui est chocolat entre la Guerre des pâtisseries et la révolte éclair des cristeros?"

Alexandre Fernandez rappelle que ce sont deux curés qui dès 1810 sont les fers de lance de la demande d’indépendance du Mexique et que tous deux sont fusillés par les Espagnols peu d’années après. C’est d’ailleurs à l’origine un mouvement de fidélité aux souverains bourbons contre Joseph Bonaparte règne sous le nom de Joseph-Napoléon Ier dès son arrivée en Espagne en 1808, comme nous nous permettons personnellement de préciser.

Dès l’indépendance conservateurs catholiques et libéraux plus ou moins anticléricaux s’affrontent, aussi au rythme d’une moyenne d’un président par an, le Mexique connaît une succession de coups d’état. Ceci jusqu’à la prise de pouvoir de José de la Cruz Porfirio Díaz Mor en 1876 ; qui à l’exception de quelques années gouverne jusqu’en 1911. Si les formes légales ont été respectées, le gouvernement de Díaz fut tout de même une dictature. Il n'a globalement ni agressé l'Église ni protégé l'Église mais il a permis le retour des Jésuites (expulsés par la monarchie des Bourbons en 1767).

Porfirio Diaz était franc-maçon et il s’appuya sur les libéraux devenus progressivement positivistes, l’ordre et le progrès sont apportés grâce au développement des sciences et des techniques.  Le chef de ce groupe positiviste est le ministre des Finances d’origine française (mais né au Mexique) José Yves Limantour, il concourt à la   modernisation économique du pays, en développant notamment les moyens de transport, en réformant la monnaie et le système bancaire. Il a également favorisé des entrepreneurs et des entreprises étrangères intéressées à investir au Mexique. Une oligarchie mexicaine puissante contrôle les ressources économiques en compagnie des investisseurs étrangers et la vie politique.

D’ailleurs une immigration française fut importante au Mexique, en particulier celle d’Alpins dits "les  Barcelonnettes" et Alexandre Fernandez nous apprend que dès 1838, lors de la Guerre des pâtisseries, des troupes françaises interviennent à Veracruz pour obtenir des privilèges économiques égaux à ceux des USA et du Royaume-Uni et une indemnité pour les préjudices causés aux commerçants français. En 1839 les forces françaises se retirent du port contre promesse du versement d’une grosse indemnité qui  ne fut jamais payée et intégra le nouveau catalogue de réclamations françaises qui servit de prétexte à la seconde intervention française au Mexique sous Napoléon III. José de la Cruz Porfirio Díaz Mor se fit d’ailleurs connaître une première fois en 1862 lors de la bataille de Puebla, où sa brigade avait été placée au centre entre les forts de Loreto et de Guadalupe. De là, il avait repoussé une attaque de l'infanterie française qui avait été envoyée comme une diversion. Il gagna ensuite en popularité lorsqu’en 1863, après avoir été capturé par l'armée française, Díaz s’échappa. Enfin il gagna plusieurs batailles contre les armées étrangères en 1866.

Alors qu’en 1908 il avait annoncé de pas vouloir se représenter, deux ans plus tard Díaz truque les élections afin d’être réélu et son adversaire Madero ; depuis le Texas (donc des USA) où il s‘est enfui, ce dernier appelle au soulèvement. C’est le début de la Révolution mexicaine qui va agiter le pays entre 1910 et 1920. Comme il a fait des promesses concernent la redistribution aux paysans de certaines terres passées des mains de l’Église à celles des grands propriétaires d’haciendas, Emiliano Zapata  et son cousin Rafael Merino se lance dans la rébellion et Emiliano Zapata devient chef suprême du mouvement révolutionnaire du Sud. Les insurgés triomphent mais Madero une fois élu président en novembre 1911 ne veut pas s’engager dans une révolte agraire. De plus deux ans plus tard Madero est assassiné et remplacé par Huerta.

Huerta, dont les troupes subissaient défaite sur défaite, dut renoncer au pouvoir le 15 juillet 1914 et s'exila aux USA (le gouvernement américain avait d’ailleurs jugé prudent de ne pas le soutenir). Aux côtés de Zapata avaient pris des armes des révolutionnaires comme Pancho Villa et des fidèles à Madero comme Carranza qui exerce le pouvoir dès l’été 1914 et devient président en 1915. Vu la modestie de ses réformes, Pancho Villa et Zapata continuent le combat, le premier est atteint de plusieurs balles mortelles en 1923 et le second meurt assassiné en 1919.

Alexandre Fernandez explique magistralement la suite des évènements entre 1910 et 1920 et pose dans un dernier chapitre la question du bilan de cette révolution. Une réforme agraire radicale se fait finalement dans les années 1930, après la rébellion paysanne des cristeros menée au nom du catholicisme (on parle de "Vendée mexicaine"). Sur ce sujet, non développé par l'auteur, on lira la contribution de Jean Meyer "Quand l'histoire est écrite par les vainqueurs, insurrection vendéenne et Christiade mexicaine : deux soulèvements populaires exclus de l'histoire officielle et de la mémoire nationale" dans La Vendée dans l'histoire : actes du colloque tenu à la Roche-sur-Yon du 23 au 25 avril 1993.

L’auteur s’interroge aussi autour de la mémoire qu’il reste aujourd’hui de cette Révolution mexicaine de l'ensembles des années 1910. Il pointe les secteurs de l’opinion mexicaine qui s’en réclament et ceux qui la rejette en ce début de XXIe siècle.

On apprécie vraiment beaucoup ce qu’on ne trouve malheureusement pas dans de très grand nombre d’histoire, à savoir des cartes (et en plus lisibles est-on obligé de préciser par rapport à d’autres éditeurs), des pages de repères chronologiques, des pages permettant d’en savoir plus sur la vie d’une dizaine d’acteurs principaux de la période 1910-1930 (on peut seulement l’absence de Plutarco Elías Calles).

Pour connaisseurs Quelques illustrations

Alexandre

Note globale :

Par - 368 avis déposés - lecteur régulier

368 critiques
01/01/16
Clip d'une chanson récente sur les cristeros, à regarder comme un hommage pas comme un document https://www.youtube.com/watch?v=sRvj6Xye6bg

368 critiques
01/01/16
Viva Cristo Rei le film qui va avec le clip

https://www.youtube.com/watch?v=7VA3BWrZx_Q

https://www.youtube.com/watch?v=NKunfQoITNY
264 critiques
26/03/16
"Les français au Mexique du XVIe siècle à nos jours"

http://numerisation.bibliotheque-diderot.fr/R/G8V92R9L24PL31XP954RJRDP7IKK14VST45784Y9KU944CPTSF-02003?func=results-jump-full&set_entry=000003&set_number=000006&base=GEN01-DID01
368 critiques
14/10/16
Mexique des Renaissances, rencontre du mercredi 19 octobre 18h30 Grand Palais, Auditorium. Invitation à prendre là

http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/mexique-des-renaissances
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