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L’Élysée fantôme: Les années noires

L’Élysée fantôme: Les années noires
Robert Laffont292 pages
1 critique de lecteur

Avis de Patricia : "On attendait Thorez et ce fut un sous-officier allemand"

Lors de la Première Guerre mondiale, le Palais de l’Élysée avait été déserté par le Président de la République française de septembre à décembre 1914. DUrant la Seconde Guerre mondiale, il le fut du 10 juin 1940 à la fin du conflit et même au-delà puisqu’il fallut attendre l’élection du premier président de la République de la IVe République pour le voir occuper par le chef d’état du pays. Ce fut le socialiste Vincent Auriol qui arriva le 17 janvier 1947 là, le lendemain de son élection.

 

Un petit groupe de personnes, facilitateurs de la prise de pouvoir ultérieure du maréchal Pétain font courir le bruit au milieu de juin 1940 que les communistes vont installer Thorez à l’Élysée. Rappelons que ce dernier est à Moscou depuis novembre 1939. Le 14 juin au matin des soldats allemands, commandés par un sous-officier, pénètrent à l’Élysée et font hisser le drapeau nazi ; ce dernier y reste jusqu’au 28 juin. Douze jours plus tard le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain prive Albert Lebrun de son titre de président de la République française. C’est à Vizille dans l ‘Isère qu’il réside à titre privé jusqu’à la fin du conflit. L’amiral Darlan vice-président d’un gouvernement dirigé par Philippe Pétain, est plus ou moins présent à l’Élysée en 1941 et début 1942, il y reçoit notamment le général von Rundstedt.

 

Pendant une centaine de pages, on suit la politique de collaboration menée par Pétain et Laval, souvent dans des approches différentes. L’aide que Vichy apporte aux forces locales favorables aux Allemands en Irak par la Syrie est assez développée, elle vaudra au général Dentz, Haut-commissaire de l'État français au Levant, de mourir en prison.

 

En juillet 1944 le maréchal Pétain songe à s’installer à l’Élysée afin d’y recevoir les forces alliés et ainsi relégitimer son pouvoir. De son côté, Laval qui a rejoint Matignon, essaie d’utiliser Herriot (dernier président de l’Assemblée nationale) pour constituer un gouvernement d’union nationale qui le dédouanerait ultérieurement de ses actions dans la Collaboration. L’affaire échoue du fait de l’intervention des Allemands et on assiste à l’arrivée du général de Gaulle dans la capitale. Ce dernier refuse de s’installer à l’Élysée.

 

Notre titre de chronique est une allusion au vers de Victor Hugo : « Soudain, joyeux, il dit : Grouchy ! - C'était Blücher ». François d’Orcival a travaillé longtemps à Valeurs actuelles, il a donné une dizaine d’ouvrages montrant dans les premiers une sympathie pour les tenants de l’Algérie française et de la Rhodésie de Ian Smith. Il n’y a par contre, dans L’Élysée fantôme: Les années noires, pas l’ombre d’une complaisance envers la politique de collaboration. La connaissance relative des hommes de gauche qu’à l’auteur le fait présenter, page 162, Jean Zay comme socialiste alors qu’il est radical.

Pour tous publics Beaucoup d'illustrations

Patricia

Note globale :

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