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Avec une batterie de 75 : 1914-1916

Avec une batterie de 75 : 1914-1916
Giovanangeli316 pages
1 critique de lecteur

Avis de Octave : "Quand un artilleur ne rit pas dans l’artillerie"

Le tube 1233, souvenirs d’un chef de pièce 1915-1916 est paru en feuilleton dans L’Humanité au printemps 1916 et il a été édité en livre en 1917 avec une préface d’Henri Béraud. Tant pour le livre que pour son préfacier alors plutôt socialiste (il deviendra l’ une des plumes les plus acérées de Gringoire, auteur du « Proprengros » qui qualifie le rapport sur Salengro) on aurait aimé trouver la reproduction de cette préface qui aide à mieux connaître la personnalité de Paul Lintier. Ma pièce, souvenirs d’un canonnier 1914 était déjà paru au printemps 1916 et fut un des possibles prix Goncourt (soutenu en particulier par Mirbeau). Ces deux ouvrages sont réunis ici en compagnie de quelques nouvelles.

Dans la présentation Bernard Giovanangeli pointe bien l’esprit différent des deux ouvrages :

« En changeant de nature avec l’immobilisation du front, la guerre a modifié la disposition d’esprit des combattants. Dans Ma pièce, l’auteur retrace au jour le jour les longues étapes et les combats d’une campagne de quelques semaines, de la mobilisation jusqu’à son évacuation pour blessure, le 23 septembre 1914. Le tube 1233 relate plusieurs épisodes de la guerre de position, de juillet 1915 à ce funeste jour de mars 1916, où Linier est tué d’un éclat d’obus dans un secteur clame en Lorraine. Si la peur du danger, l’angoisse de la mort sont très prégnantes dans Ma pièce, ce qui met plus encore en relief le courage de ne pas s’y abandonner, un stoïcisme plus sombre face à la fatalité qui pèse sur le soldat domine dans le volume suivant ».

Le département de l’Oise pour le premier titre et les Vosges pour le second occupent une large place de l’espace géographique des combats évoqués, toutefois sa blessure mortelle se produit à Arraye en Meurthe-et-Moselle. Il est à noter que dans Les étapes du sacrifice, souvenirs d’un commandant de batterie, le capitaine Pierre Mazenod rapporte les conditions de sa mort. Par ailleurs, est citée dans cet ouvrage une page d’un carnet (non publié) d’un servant de sa batterie qui informe que :

« Le 15, la position se fait durement marmiter par du 77, du 105 et du 150. Le chef de pièce de la seconde Lintier est tué par un 105 qui entre par l’embrasure de la casemate entre la roue de la pièce à laquelle il brise quelques raies, et le montant de l’abri ; il vient percuter dans la circulaire de la pièce, et Lintier reçoit la décharge en pleine poitrine ; même, il a la figure brulée et une artère dans l’aine gauche coupée, il succombe presque sur le coup ».

Paul Lintier est enterré à Mayenne, au cimetière rue de Normandie aux côtés de son père maire radical de cette ville à la Belle Époque.

Octave

Note globale :

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