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Dans la guerre 1914-1918 : accepter, endurer, refuser

Dans la guerre 1914-1918 : accepter, endurer, refuser
Les Belles Lettres 2015 pages
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Avis de Octave : "Consentement ou contrainte? Les deux mon général"

En fait Nicolas Beaupré, Heather Jones et Anne Rasmussen assurent ici la direction d’un ouvrage composé de treize contributions de quatorze autres auteurs (Manon Pignot et Emmanuelle Cronier se sont mises à deux pour un texte sur les liens familiaux) et Heather Jones parle de la captivité. Nos trois historiens, assurant la direction de l’ouvrage, se contentent d’assurer ensemble une postface qui sert de conclusion tandis qu’une introduction relève de Leonard V. Smith (son contenu prend appui sur l’œuvre, reproduite en couverture de l’ouvrage, d’Ernest Ludwig Kirchner "Autoportrait en soldat", 1915). On a là les actes d’un colloque tenu à Péronne et l’on ne sera pas surpris de voir traiter en conséquence des questions qui concernent divers pays situés dans des camps opposés.   

Les trois parties du livre se nomment logiquement et successivement : Accepter, Endurer et Refuser. Les cinq chapitres de la première partie traitent des questions du volontariat dans les armées au Royaume-Uni (donc Irlande comprise) et dans les dominions où la population est en très grande partie blanche (Australie, Nouvelle-Zélande, Canada et Afrique du sud). On trouvera là des précieuses informations sur les positions des nationalistes irlandais qui ne tentèrent pas de jouer la carte de la victoire de l’Allemagne (même si certains acceptèrent les armes qu’elle leur livra) mais au contraire s’engagèrent  pour obtenir que Londres tiennent ses promesses une fois qu’elle aurait gagné la guerre. Et ceci même après les Pâques sanglantes de Dublin en 1916. On ne trouve quasiment rien sur le Canada qui il est vrai mériterait une étude à lui tout seul. Le second chapitre évoque l’entrée en  guerre en Autriche et Allemagne et s’intéresse aux motivations des populations slaves présentes sur la partie autrichienne du pays de la double-monarchie. 

John Horne réfléchit, pour la France, sur les marques de solidarité envers les mobilisés et les victimes de la guerre mais aussi sur l’effort financier par rapport aux demandes d’or et d’emprunt de l’État. Liens familiaux et apparition de famille de substitution est le sujet du quatrième chapitre. Pour évoquer les populations des régions françaises occupées, on retrouve Philippe Nivet. En fait si c’est près de 4% du territoire hexagonal qui est occupé, par contre cet espace était habité avant 1914 par plus de 8% de la population française de métropole. Ici l’acceptation de la guerre peut passer par une résistance civile sous des formes très variées en allant du symbolique à la quête de renseignements militaires ou à la prise en charge de soldats alliés qui se retrouvent dans la zone occupée.

La seconde partie évoque pour commencer l’extrême dureté de l’occupation en Belgique, bien plus dure que lors de la Seconde Guerre mondiale où il est vrai grâce au couple en particulier Laval-Pétain les Allemands peuvent cette fois-là piller l’ensemble de l’hexagone. Heather Jones pose donc la question du vécu des prisonniers de guerre français et britanniques et nous apprenons que l’on relève plus de 50 000 décès pour ces deux catégories nationales réunies. Charles Ridel réfléchit sur le sort des embusqués, c’est-à-dire ceux qui se trouvent une planque pour ne pas âtre exposé au feu.

Le dernier tiers du livre ouvre sur les conséquences sur le moral des soldats italiens de la bataille de Caporetto de fin 1917 qui vit 300 000 militaires outre-alpins faits prisonniers pour 30 000 blessés et 11 000 morts en trois semaines. Suit un article à propos de la justice militaire. Joshua Sanborn s’interroge sur les comportements des soldats russes en 1917 et pointe là la plus importante désertion de masse de l’histoire mondiale. La question des grèves en 1918 en Allemagne arrive fort logiquement après. Les populations croates intéressent John Paul Newman à la fois dans le cas des prisonniers faits par les Russes et la question du régime qu’elles entendaient appeler de leurs vœux après la chute de celui de la double-monarchie. Enfin Gallit Haddad clôt cette troisième partie en faisant mieux connaître les ressorts du pacifisme féminin français durant la Première Guerre mondiale, ceci en réfléchissant sur le rôle de quelques figures comme Hélène Brion institutrice à Pantin ou Marcelle Capy.

De très rares auteurs proposent des illustrations comme une affiche pour le troisième emprunt de guerre (1917) ; on apprécie un index des personnes citées.

Pour connaisseurs Peu d'illustrations

Octave

Note globale :

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