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Tranchées

Tranchées
Les Belles Lettres312 pages
1 critique de lecteur

Avis de Alexandre : "C'est aux macaronis qu'on demande ensuite le paiement du solde"

Notre titre est tiré d'une page de l'introduction de l'auteur.

Le 23 mai 1915 l'Italie déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie. Alors que l'Italie pensait pouvoir mener une offensive rapide visant à occuper les principales villes italophones de l'Autriche mais le conflit se transforma rapidement en une sanglante guerre des tranchées. De plus lors de La bataille de Caporetto en octobre 1917, les Austro-Hongrois avec l’aide de forces allemandes libérées par l’effondrement russe, les unités russes se sont montrées incapables de résister à l'offensive allemande lancée le 1er septembre dans les pays baltes.  

Dans le Trentin  et le Frioul les combats prennent le nom de Guerre de la montagne ; d’ailleurs la BD "La Mort blanche - Chronique de la der des ders" récemment réédité met en scène la mort de plusieurs milliers de soldats italiens dans une avalanche volontairement provoquée par l’artillerie autrichienne en 1916.

Carlo Salsa a commencé à écrire à la Belle Époque, engagé en 1915 comme lieutenant dans l’armée italienne il combat autour du fleuve Isonzo où douze batailles eurent lieu entre 1915 et 1918 (on est non loin de Trieste et à l’extrémité nord du haut plateau karstique qui s’étend dans une partie des actuelles républiques de Slovénie et Croatie). Il a travaillé en tant que consultant sur ​​le script du film franco-italien néo-réaliste "La Grande Guerre" sorti en 1959. Son roman largement autobiographique, paru en italien sous le titre de "Trincee : confidenze di un fante" est sorti en 1924 mais fut rapidement censuré puis interdit par le pouvoir fasciste.

Le récit de "Tranchées" fait une large place aux dialogues entre les soldats. Il rapporte leurs chants, leurs pensées et leurs craintes. Salsa choisit un ton brut, parfois tragi-comique, en insistant sur le fait que très souvent, les ordres sont insensés et que la mort des soldats n’a rien de glorieux. Le quotidien sordide de la vie dans les tranchées est largement traité.   

Suite au désastre de Caparetto, le héros se retrouve dans un camp autrichien de prisonniers. Les italiens sont fort mal traités car en 1914 une alliance les liait à l’Autriche-Hongrie et l’Allemagne, aussi ils passent pour quasiment des traitres dans la propagande des empires centraux. Par ailleurs le gouvernement italien, qui considère ces vaincus, comme des lâches, ne fait rien pour l’amélioration de leurs conditions de vie en facilitant l’envoi de colis. Or comme le souligne le texte (page 279) c’est parce qu’ils ont obéi à la consigne de ne pas abandonner leur position qu’ils ont été faits prisonniers alors qu’on a vu des officiers abandonner discrètement leur troupe.   

Après une intéressante préface de Stéphanie Laporte, l’ouvrage présente une carte du front italien avec l’avancée maximum italienne en 1915 et le front stabilisé après la bataille de Caparetto ainsi que d’autres indications. Une chronologie part d’août 1914 jusqu’à novembre 1920 date du traité de Rapallo qui crée la petite république de Fiume (annexée par l’Italie de fait en 1922).    

Pour tous publics Peu d'illustrations

Alexandre

Note globale :

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