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Sauver les enfants, sauver l’Arménie

Sauver les enfants, sauver l’Arménie
Antipodes205 pages
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Avis de Patricia : "Des Arméniens arrivent en Suisse dans les années 1920"

Erzéroum (ou Erzurum) est bien turque en 1914 et son importance population arménienne est déportée ou massacrée en 1915. Elle avait déjà subi les massacres hamidiens autour de 1895. Une carte avec les frontières de la Turquie de 1923 permet de voir quelles étaient les villes où se concentraient les Arméniens en 1914. Le problème est que son contour est bien fantaisiste, Erevan y apparaît turque tout comme Alexandrette et Antioche (ces deux dernières étaient dans le mandat français de Syrie jusqu'en 1939).

L’ouvrage met en exergue l’œuvre du pasteur Antony Krafft-Bonnard            né en 1869 qui, membre du comité exécutif de la Ligue internationale philarménienne, assura un avenir à des jeunes Arméniens réfugiés en Suisse dans l’Entre-deux-guerres. C’est en fait dès la fin du XIXe siècle qu’il se sensibilise aux malheurs des populations chrétiennes de l’empire ottoman. On lui doit une chronologie des persécutions et du massacre des Arméniens dans le dernier demi-siècle de l’Empire Ottoman et les premières décennies de la Turquie ; l’ouvrage s’intitule Les cinq étapes d’un drame de 1878 à 1943.

 

Toutefois  ce livre commence par rappeler dans quelles circonstances l’avenir des Arméniens fut annihilé lors du traité de Lausanne. Dans les raisons de l’abandon par la France et l’Angleterre des aspirations de ceux-ci à continuer à vivre dans leurs villages anatoliens, il aurait été bon de signaler que si ces puissances sont si aimables avec la Turquie c’est parce qu’elles veulent faire de ce nouvel état turc un rempart contre le communisme. Plutôt que de turcophilie d’une opinion publique (page 34) qui ignore très largement ce qui se passe au Proche-Orient, il aurait mieux valu évoquer un anticommunisme des dirigeants. Les bolchéviques ont d’ailleurs largement bradé l’Arménie sous contrôle russe, des lieux fort symboliques comme le mont Ararat passant sous drapeau ottoman en 1918 en application du traité de Brest-Litovsk.

Sont évoqués les actions, en faveur des réfugiés, de Fridtjof Nansen (à qui on doit le passeport éponyme) et d’Albert Thomas premier président du Bureau international du travail. La présence arménienne en Suisse ne date pas des années 1920 et nombre d’intellectuels de cette origine sont présents en Helvétie à la Belle Époque (page 56). On a toutefois oublié Avétis Aharonian qui réside en Suisse de 1911 à 1917. Il représente la République d’Arménie aux négociations des traités de paix qui suivent la fin de la Première Guerre mondiale à Paris. Il écrit, dans l’ouvrage Le village suisse : « En Suisse, il en faut peu pour que l’impossible devienne possible, alors que chez nous, au contraire même le possible est impossible ». Dans ce titre, la société rurale villageoise suisse est donnée comme un exemple pour une Arménie qui cherche à se réaffirmer comme une nation aspirant à un état.

Bien des choses intéressantes se trouvent en milieu et fin d’ouvrages et en particulier des biographies d’Arméniens pris en charge par l’association piloté par le pasteur Antony Krafft-Bonnard. On apprécie les nombreuses illustrations de l’ouvrage.     

Pour connaisseurs Quelques illustrations

Patricia

Note globale :

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