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Les compagnons de l’université nouvelle

Les compagnons de l’université nouvelle
Presses universitaires de Rennes320 pages
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Avis de Zaynab : "Une école où tous les enfants se côtoieraient sur les mêmes bancs"

Il s’agit des actes d’un un colloque organisé par le Comité universitaire d’information pédagogique (CUIP) les vendredi 15 et samedi 16 novembre 2019 tenu à Paris au Centre international d’études pédagogiques (CIEP). Bruno Garnier et Martine Safra ont dirigé cet ouvrage qui est en fait composé de près de vingt contributions. Celles-ci sont regroupées selon les divisions suivantes :

·  Aux origines du projet d’école unique

·  L’école unique, mise en perspective d’une référence éducative

·  Questions vives autour des propositions des Compagnons

·  L’école unique au péril des élites ?

· Trois approches militantes de l’éducation nouvelle dans la mouvance des Compagnons

Dans sa préface Jean-Paul Delahaye rappelle que la volonté de démocratisation de l’enseignement remonte déjà à la toute fin du XIXe siècle et qu’elle se fit progressivement et partiellement à l’initiative des ministres Jean Zay et Alain Savary (appuyé notamment par Louis Legrand).

Le projet des Compagnons de l’université nouvelle est en fait largement la conséquence de la Grande Guerre ; en effet chez un certain nombre de professeurs très souvent agrégés s’étant rencontrés au château de Compiègne en 1917, alors qu’ils servaient comme officiers.

Parmi eux se trouvaient d’ailleurs un certain nombre de germanistes comme Jean-Marie Carré, un historien Albert Girard et un philosophe Hippolyte Luc qui sera sous-directeur puis directeur de l’enseignement technique de 1925 à 1944. Notons la présence ultérieure de Charles Seignobos, Paul Langevin et Jean Perrin (prix Nobel de physique en 1926). On trouve là également l’inspecteur des finances Jules Corréard.

« Les Compagnons de l’Université nouvelle veulent adapter l’école au contexte économique et social de l’après-guerre, par la promotion simultanée d’une élite et la formation de travailleurs efficaces » (page 308). Ces universitaires désirent proposer une éducation commune aux enfants de ceux qui, toutes classes sociales confondues, ont combattu ensemble contre les ennemis de la patrie.

Ils expriment leur programme dans un journal à destination de tous les enseignants du primaire à l’université, il s’agit de La Solidarité dirigé par Louis Cazamian un angliciste. Les élèves seraient scolarisés dans un premier cycle de cinq années, suivi par un second destiné à faire un choix d’orientation ultérieure (durant au minimum deux ans et parfois trois). Ils connaîtraient ainsi sept années d’enseignement commun ; après les uns partiraient vers des études de niveau lycée pour cinq années, alors que les autres suivraient des formations professionnelles durant trois années.

Ce projet éducatif  porte en lui également le désir de la rénovation des contenus d’enseignement et le souci de mettre en place des méthodes d’orientation des élèves. Pour ne pas susciter une opposition des parlementaires catholiques et des évêques, le discours tenu fait l’impasse sur la question de l’enseignement privé.

Sont notamment connus les soutiens et les opposants à ce souhait de réforme et la reprise ultérieure de certaines idées des Compagnons de l’université nouvelle. Apparaît particulièrement Octave Forsant, inspecteur de l’enseignement primaire de Reims durant la Grande Guerre il organise des classes dans les caves de la ville lorsque cette ville champenoise est bombardée (information rapportée par nous-mêmes).   

Pour connaisseurs Quelques illustrations

Zaynab

Note globale :

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