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Laïcité citadelle de la liberté

Laïcité citadelle de la liberté
Van Dieren65 pages
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Avis de Ernest : "La laïcité est ainsi l’évolution conjointe de la République et de la religion vers la liberté de conscience"

Cet ouvrage est sorti pour la commémoration du cent-vingtième anniversaire de la loi de Séparation des Églises et de l’État. Il s’agit de présenter une sélection de textes autour de la laïcité. Le choix en a été fait par Christophe Cousinié, pasteur et théologien protestant français, membre de l’Église protestante unie de France. Il a été notamment enseignant vacataire à l’Université de La Réunion dans le cadre d’un DU laïcité et au moment de la sortie de l’ouvrage il était pasteur dans les Cévennes.

Christophe Cousinié se donne ici l’objectif de montrer le lien entre protestantisme libéral et laïcité. « À travers ce recueil de textes de Ferdinand Buisson, qui a conduit le protestantisme au plus loin de son évolution, continue  de lutter de poursuivre, tel un idéal, cette voie de la Liberté et de l’Égalité. À travers ce recueil de textes de Ferdinand Buisson sur l’école laïque, qui nous permet de saisir au plus près l’esprit même de la laïcité et de la loi qui fête aujourd’hui ses cent vingt ans, le protestantisme libéral affirme encore et toujours son attachement à la liberté de conscience, l’une de ses valeurs théologiques fondamentales. La laïcité la garantit, et le protestantisme libéral la défendra toujours, de toutes ses forces, comme une citadelle de la liberté ».

Christophe Cousinié propose une introduction de près de dix pages. Il rappelle que de nombreux protestants libéraux se firent les apôtres de la laïcité à la fin du XIXe siècle. Si Ferdinand Buisson reste le plus connu, le pasteur nîmois Samuel Vincent est par contre le pionnier en la matière puisqu’il appelle dès les années 1820 à la Séparation des Églises et de l’État. Ce dernier est né en 1787, l’année même où l’Édit de Tolérance de Louis XVI rendit aux protestants l’état-civil (enregistrement des naissances, morts et mariages), et admet l’existence d’un culte privé (protestant ou juif) alors que l’exercice du culte public reste interdit.

Christophe Cousinié dresse une petite biographie de Ferdinand Buisson à qui on doit en particulier le Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire. On dispose de deux éditions celle de 1887 et celle de 1911. La première est consultable en ligne ici https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k24232h/f6.item alors que la seconde est disponible sur CD-ROM. Ferdinand Buisson est inspecteur primaire de la Seine en 1872 et 1873 puis directeur de l’Enseignement primaire de 1879 à 1896. En 1869, paraît son ouvrage Manifeste du christianisme libéral ; on peut y lire son désir de voir s’effectuer la Séparation des Églises et de l’État. Il appelle à répudier la tutelle despotique de l’Église « en matière religieuse aussi bien qu’en matière morale, esthétique ou intellectuelle. Laissons s’épanouir l’âme humaine avec la même liberté en religion qu’en morale ou en art ».

Lors du vote de la loi de 1905, Ferdinand Buisson est député radical-socialiste du XIIIe arrondissement de Paris. Au cours de la discussion parlementaire, il déclare : « il fallait que la séparation ne donnât pas le signal de luttes confessionnelles ; il fallait que la loi se montrât respectueuse de toutes les croyances et leur lassât la faculté de s’exprimer librement ». Il se félicite que le texte final reflète cet objectif.

Le choix est fait ici de citer, parmi les écrits de Ferdinand Buisson, des passages du Nouveau Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, Le Fond religieux de la morale laïque, La foi laïque, Leçon de morale, De l’Enseignement de l’Histoire sainte.  Ces textes sont regroupés en plusieurs chapitres respectivement intitulés : L’idéal de la laïcité, Pourquoi la laïcité ?, La laïcité, comment ?. Chacune de ces parties sont introduites par un contenu couvrant quasiment une page. De ces pages on peut particulièrement retenir pour la première « La laïcité est ainsi l’évolution conjointe de la République et de la religion vers la liberté de conscience », pour la seconde « La neutralité est le mortier qui unit chaque pierre dans la construction de la République », « L’idéal républicain est de permettre à chaque conscience de définir et d’œuvrer pour le bien, le bon, le vrai et le juste. C’est une manière de définir le divin, et de trouver ce qu’il y a de plus humain dans le divin, et de plus divin dans l’humain ».

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Ernest

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347 critiques
09/01/26
Vers une candidature à la panthéonisation de Ferdinand Buisson https://lejacquemart.com/2025/11/20/ferdinand-buisson/
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