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Pouvoir, histoire et langues

Pouvoir, histoire et langues
L’Harmattan 196 pages
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Avis de Ernest : "Ch’ti et anglais fils légitimes oui mais de qui?"

Cet ouvrage était paru en 2008 et il a été réédité en 2015.  Jean-Michel Eloy a rédigé l’avant-propos "Pouvoir, histoire et langue" et l’article "De l’intérêt sociolinguistique du Moyen Âge". Les autres auteurs sont Jacques Chaurand, conjointement Serge Lusignan et Diane Gervais, André Crépin ? Franck Jablonka, Anne Judge; ils proposent des contributions intitulées: "Mis languages est bons, car en France fui nez ou : L’avantage d’être né sur le continent au XIIe siècle", "Picard et Picardie, espace linguistique et structures sociopolitiques", "Le plurilinguisme de l’Angleterre médiévale", "Langues standard, élaboration, normalisation et "processus de civilisation au Maroc", Codification, standardisation et comment s’en passer : le cas de l’anglais britannique.   

L’introduction du texte sur la formation de l’anglais insiste sur l’idée que l’on peut lister au moins six types de français qui enrichissent la langue parlée en Angleterre entre le XIe et le XVe siècle, à savoir

«  les variétés parlées par les premières générations de francophones installées par Guillaume, le français des cours royales et seigneuriales, le français des artisans et commerçants venus du continent, celui des gens d’Église, la terminologie de domaines spécifiques, qui va des formules juridiques au parler mixte du commerce maritime, enfin last bust not least le français cultivé ». (page 103)

Devant les difficultés à mettre des contours à ce que fut la Picardie d’avant la Révolution française, Serge Lusignan pose comme hypothèse que la Picardie pourrait être  l’espace où on écrit en picard. Comme l’on n’est pas dans le domaine de l’oral, il s’agit d’un espace composé de villes et cours seigneuriales ; cet univers est à cheval sur le royaume de France et le Saint-Empire germanique, il s’étend au nord jusqu’au Brabant compris. La Picardie du roi est elle limitée au nord par la Flandre ; on y parle un picard oral comme dans le Hainaut (une région qui fait partie des Pays-Bas espagnols) plus la principauté ecclésiastique de Cambrai. Ainsi, ajouterons-nous personnellement qu’il est bon de rappeler que le ch’ti est une forme de picard et que la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais-Picardie recouvre quasiment l’espace où se parlait picard, à deux exceptions près à savoir en plus l’espace où on parlait flamand et en moins la province belge du Hainaut. L’auteur rappelle que du point de vue historique, on n'a au départ mention que d’un croisé Guillaume le Picard décédé en 1098 et qu’en 1235 Mathieu Paris évoque des violences estudiantines perpétrées six as plus tôt par des jeunes Picards à Paris. On passe d’une extrême rareté des mentions de "Picard" et "Picardie" à une surabondance de ces termes dès le milieu du XIIe siècle.        

À travers ces deux exemples, on voit que l’étude de la langue ne peut fondamentalement se passer de la connaissance du social et du politique. Nous laisserons aux lecteurs le plaisir de découvrir l’intérêt des autres textes.

Pour connaisseurs

Ernest

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