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Djihâd en pays burgonde et autres aventures

Djihâd en pays burgonde et autres aventures
L’Harmattan 330 pages
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Avis de Ernest : "Jusqu’où sont remontés les Arabes avant qu’ils ne soient arrêtés à Poitiers?"

On ignore parfois qu’une présence arabe se maintient en Provence jusqu’en 973 dans le golfe de Saint-Tropez, toutefois l’implantation remontait là à 890. Le comte de Provence Guillaume Ier y gagne le surnom de "Libérateur" et une autonomie vis-à-vis de Conrad III  roi des Deux Bourgognes (ou du royaume d’Arles). À  cette époque on considère qu’il y a une Bourgogne de chaque côté du Rhône jusqu’à Lyon, celui de la Haute-Bourgogne est transjurassien et celui de la Basse-Bourgogne correspond à la Provence d’aujourd’hui plus le Dauphiné, la Savoie et le Vivarais.

Le royaume burgonde a succombé sous le coup des descendants de Clovis et est intégré à divers royaumes mérovingiens dont les souverains sont souvent en conflit entre eux. Ébroïn, maire de palais de Neustrie et partisan Clovis III, vient mettre le siège devant Autun en 676 car son évêque, le futur saint Léger est un fidèle de l’autre prétendant Théodoric III (ou Thierry III, fils de la reine Bathilde, qui décède en 691). Note évêque revenait d’ailleurs d’un exil au monastère de Luxeuil que lui avait imposé Childéric IV pour s’être fait le défenseur des pouvoirs locaux et des intérêts de l’Église, mais aussi avoir émis une opposition au sujet du mariage du souverain. On se reportera à l’ouvrage Le dossier Saint Léger de Bruno Dumézil pour ce sujet.

Depuis la fin du VIIIe siècle et jusqu’à la mort de Dagobert III en 715, le royaume des Francs est réunifié mais avec le règne de Chilpéric II de 715 à 721, le maire du palais de Neustrie, à savoir Charles Martel lui suscite un concurrent dans ce dernier royaume entre 717 et 721. Charles Martel fait de Thierry IV  le roi des Francs et c’est sous son règne de 721 à 737 que Charles Martel repousse les Arabes à Poitiers. À cette époque le royaume des Francs s’étend en gros de la Garonne jusqu’au Rhin. Depuis 719 et progressivement la Septimanie (côté droit du cours inférieur du Rhône depuis en gros de Pont-Saint-Esprit jusqu’aux Pyrénées) est occupée par les Arabes et ceci jusqu’en 759. C’est de là que des musulmans, sous la conduite de leur chef Ambiza, mènent une opération militaire qui les amène jusque devant Sens et ils pillent Autun fin août 725.  

Absence de cette illustration dans l'ouvrage

L’ouvrage Djihâd en pays burgonde et autres aventures nous amène d’abord entre les cités de Luxeuil et Lure (depuis 1789 dans le département de Haute-Saône) avec un l’enfance d’un certain Vernaire né en 700. En 714 le héros du récit accompagne son père, sergent du seigneur Godémar ; ils partent vers l’Espagne repousser les Arabes. Cela nous vaut d’intéressantes pages sur le commerce le long de la vallée du Rhône. Ils pensaient les trouver à Tolède mais en fait ils se font cueillir par eux à Barcelone, tant leur avance a été rapide depuis leur débarquement en avril 711.  Alors que son père est tué, lui est fait prisonnier suite à des blessures. Vendu comme esclave, Vernaire est acheté par un personnage d’importance Sidi Hassan et commence par travailler comme maçon, évitant, non sans coups, de répondre aux désirs sodomites de son maître. Son courage tant au combat que sous les coups de son maître a été repéré et il se voit proposer en 716 de partir dans une campagne de conquête. Lors d’un duel avec un Arabe connu pour son habileté aux armes, il triomphe et cela lui vaut une grande considération (pages 120-122).  

Après des combats dans les Asturies où les chrétiens mènent une quasi guérilla, c’est bien plus tard vers la Septimanie que se déplace la seconde expédition à laquelle participe notre personnage. La conquête de Narbonne et d’autres cités nous est contée et c’est en compagnie d’Ambiza qu’on retrouve ensuite le héros. Toutefois arrivé au milieu l’abbaye de Luxeuil, il se pose des questions sur son identité et avec la complicité de son ami musulman, il déserte. Passé sous la bannière franque, on le retrouve en 732 à Poitiers et même prenant place dans la noblesse franque. Voilà un très bon roman historique qui permet de se rendre compte que la présence musulmane en France ne se limita pas à une ou deux razzias.

Absence de cette illustration dans l'ouvrage

Pour tous publics Aucune illustration

Ernest

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