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Staline agent du tsar

Staline agent du tsar
L’Archipel 524 pages
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Avis de Adam Craponne : "Des raisonnements tirés par les poils de la moustache de Staline"

Il s’agit là de la réédition en français d’un ouvrage paru dans l’hexagone en 2003 et qui avait connu une première édition aux USA en 2001. La collaboration de Staline avec l'Okhrana, officielle depuis 1903 et officieusement déjà amorcée en 1901 avec l’officier Samedov à Tiflis est la thèse de l’auteur. Il avance que le dirigeant de l’URSS a ensuite éliminé à la fois tous ceux qui auraient eu connaissance de cette collaboration (soit pour avoir fréquenté le futur Staline, soit pour avoir eu entre ses mains son dossier de la police secrète) soit ceux liés à un volet de sa psychologie.

S’y ajoute le fait qu’il aurait assassiné son géniteur le prêtre orthodoxe Egnatashvili à qui il devait beaucoup de choses et qui ne leva jamais la main sur lui, contrairement à celui qui était son père d’après l’état-civil. Ce dernier serait d’ailleurs mort sous les coups d’un piolet manipulé par un compagnon du futur dictateur, ceci à l’instigation de celui-ci (une spéculation hasardeuse selon nous). De là un raisonnement spécieux qui rattache la mort de Trotski à ce fait ; Staline devait  recommander en 1940 «  à un sicaire de se servir d’un piolet pour assassiner Trotski » (page 61). Or on sait très bien que l’action de Mercader est un plan B après l’échec d’un attentat par balles contre le Vieux. Plan B que Staline du fond de son Moscou aurait lui-même décidé (page 383) après l’échec du 24 mai, dont il aurait donc été mis immédiatement au courant puisque c’est  à la mi-août que Mercader réussit à tuer Troski. Or d’après l’ouvrage Staline contre Trotski, c’est Beria et Staline qui se voient suggérer, par Soudoplatov (assistant spécial du directeur du Département Étranger du NKVD), l'usage d'une arme blanche.    

L’auteur avance nombre de faits qu’il dit tenir de personnes qu’il a rencontrées, ces gens lui confiant qu’ils avaient vu l’homme qui avait vu des éléments du dossier policier du chef du pays des ours. Dzerjinski aurait mis la main, en juillet 1926,  sur le fameux dossier de Staline à l'Okhrana et d’après notre auteur il meurt empoisonné quelques jours après ; on peut douter de cela.    

Le lecteur qui ignore, pour Staline, une enfance tumultueuse et un passé de chef d’une bande de cambrioleurs dans l’Oural (pour le compte du parti) apprendra bien des choses. Il revisitera les étapes de la stalinisation de l’URSS. Il s’interrogera aussi sur la psychologie de Staline, de là à approuver toutes les interprétations psychanalytiques faites sur ce dernier, il y a un rideau de fer. On peut par contre largement approuver l’affirmation de l’auteur qui, dans sa conclusion, avance que « ceux qui ne connaissent pas l’histoire sont condamnés à la répéter. Poutine n’est-il pas la synthèse soft des régimes de Staline et  de Nicolas II? «  Le combat pour une Russie libre se poursuit » (page 490). On apprécie la vingtaine de photos offertes.   

Pour tous publics Beaucoup d'illustrations

Adam Craponne

Note globale :

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