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Le chien de nuit

Le chien de nuit
Rouergue 328 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Causse toujours, là verrons"

De nouveau l'auteur nous emmène en Rouergue durant les Années folles. Seulement pour certains rescapés de la Grande Guerre, c'est de folle douleur physique et psychique qu'il s'agit. Amat Nivoliès a été gazé et les conséquences de cette blessure se font sentir de façon imprévisible et fort douloureuses. Rappeler par ce héros, la souffrance de milliers d'hommes des effets d'une telle arme est un point fort louable. Comme le rappelle le titre du roman de l'Entre-deux-guerres, les paysannes étaient devenues "Les gardiennes" et les femmes, tout en ayant des difficultés à se trouver ou retrouver un mari, se montrent fort attentive à l'état de santé de quelqu'un qui "revient de là-haut". Aussi notre héros essaie-t-il de dissimuler son mal, préférant à la limite passer pour un planqué, revenu sans aucune égratignure. Dans la mesure où Amat Nivoliès a du bien dans le Causse noir, son futur mariage intéresse beaucoup sa famille. À travers les relations qu’il entretient avec des connaissances féminines de la Belle Époque ou avec des personnes nouvelles, on peut approcher l’évolution tant psychologique que matérielle qui se dessine dans les campagnes de l’Entre-deux-guerres. De la même manière qu’Ernest Pérochon avait pointé quasiment en direct l’arrivée de l’eau courante ou de l’électricité, la progressive mécanisation pour le Poitou, Roger Bételle rappelle comment tout cela pouvait se traduire dans l’Aveyron. Le héros, brancardier durant le conflit, est revenu avec le chien briard Darius qui a été son compagnon durant le conflit. Cet animal constitue un pont entre son passé et son futur et c’est finalement lui qui jouera un rôle bien plus important que toutes les autres personnes que côtoie le héros, dans le choix de la future épouse de ce dernier. Celle-ci trouvera l’emploi, proche de la nature, mais non épuisant qu’Amat pourra obtenir en tant qu’invalide de guerre. Tout en resituant bien les enjeux d’une époque, cet ouvrage approche la relation originale qu’un homme a avec un animal particulier et la nature en général. Il a été nominé pour le prix Goncourt des animaux 2014, finalement attribué à "L'âne et l'abeille" de Gilles Lapouge. «Le crépuscule précoce abolissait l'horizon de ses gris blanchâtres. Les pierres ourlées perdaient leur finesse de dentelles minérales. Des vols de corneilles fonçant vers leurs aires survolaient l'attelage. Il y avait une sorte de gravité dans cette préparation de la nature à la nuit».

Pour tous publics Aucune illustration

Adam Craponne

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