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L’histoire de France à l’école

L’histoire de France à l’école
Métive 282 pages
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Avis de Zaynab : "Lavisse en Bonne compagnie"

Selon la page de garde, l’ouvrage est sous-titré Manuels scolaires de la IIIe République et dessinateurs méconnus. Le grand format, environ 24x32 cm permet des reproductions d’illustrations souvent lisibles de façon autonome.  

Après une introduction évoquant en particulier à juste titre ce qu’il faut appeler le roman national, on a une présentation individuelle de plusieurs manuels qui composent une partie du corpus de l’auteur. Bien entendu on trouve Ernest Lavisse pour la période d’avant 1914 et pour l’Entre-deux-guerres des ouvrages de Pierre Besseige et Antoine Lyonnet qui collaborent pour divers élèves de l’enseignement primaire. C’est en effet ici les manuels pour les élèves de l’école élémentaire publique ou catholique qui sont présentés ; l’enseignement privé étant représenté par un ouvrage paru chez Hatier, sous la plume de S. Viator et C. Francilon.

Sur les auteurs, on n’apprendra rien de très nouveau, si on s’est déjà intéressé un peu à la question, et c’est regrettable. Sur les illustrateurs, les informations sont aussi bien sobres. Parmi ceux qui ne produirent pas que dans le livre d’histoire, mais illustrèrent d’autres manuels (en particulier des romans scolaires) et donnèrent des dessins en littérature de jeunesse (presse ou livres), on relève les noms de Marcel Lecoultre et Ferdinand Raffin. Albert Robida est le plus connu, de tous les illustrateurs présents, car il a écrit également des romans ; il est l’illustrateur de certains manuels de Lavisse.

Laurent Morin propose six périodes et dans celle-ci, ils se centrent sur quatre à dix points d’histoire. Ainsi pour la seconde partie qui court en gros de l’an 1000 à 1450 (le préciser n’aurait pas été un luxe), on traite successivement des seigneurs et paysans dans la société féodale, des communes et des bourgeois, de la Première croisade, de Philippe-Auguste, de Saint-Louis, de Philippe le Bel et de la Guerre de cent ans en quatre étapes à savoir les premières défaites, Duguesclin, le roi fou (il s’agit de Charles VI) , Jeanne d’Arc.

Pour chaque période, on s’arrête pour comparer les diverses représentations d’un même évènement dans un manuel, il en ressort qu’en général un stéréotype une fois installé, il est reproduit systématiquement. Si la focalisation avait porté sur les Guerres de Vendée ou la mort de Louis XVI, on aurait certainement vu de l’original. Mais les comparaisons ont lieu sur des thèmes consensuels à l’exception de la Nuit de la Saint-Barthélemy et, même si les massacres sont toujours traités sans complaisance, il y a là une grande variété de scènes. Un regret est de ne pas avoir d’images sur l’insurrection vendéenne et en particulier sur la figure du jeune Bara, héros de la République.

On relève pour la comparaison entre douze représentations des écoles de la République, la présence à deux dates éloignées de deux images évoquant l’Algérie. L’universitaire Aulard, à la gauche du parti radical, évoque le syndicalisme dans un texte et une image de L. Plaine illustre cela pour un ouvrage d’Eugène Bonne. Son ouvrage France et civilisation, qui se décline en deux niveaux (cours moyen et cours élémentaire) annonce déjà un contenu plus original et dans l’avant-propos du manuel du CM, l’auteur fait profession de pacifisme. Ce qui dénote pour une histoire de France qui avait tendance à marquer les étapes par des batailles. Relevons également, pour le niveau CM, la mise en scène exceptionnelle de l’embarquement de nègres sur le sol africain pour un voyage vers l’Amérique. Bref si Laurent Morin est à remercier, c’est d’abord pour avoir fait découvert cet ouvrage dont on aurait aimé ne pas aller chercher seul la date d’édition, à savoir 1933 (l’année où d’ailleurs Hitler prend le pouvoir).

En cette année du centenaire de l’Armistice du 11 novembre, il est regrettable que la Première Guerre mondiale ne soit que très brièvement traitée, même si on apprécie la double-page qui montre des civils belges fuyant en août 1914 (page 270-271). Il est bon par ailleurs de retrouver, avec sourire, les grands mythes de l’histoire de France, dont la fine fleur est à nos yeux Rollon renversant un Charles le Simple assis qui lui aurait demandé de lui baiser le pied pour lui rendre hommage pour la future Normandie qu’il venait de lui octroyer (page 79). On nous offre aussi une très large illustration du coup d’éventail de Dey Hussein, datant de 1827, qui fut prétexte à l’intervention de la France à Alger en 1830, avec un dessin de H. Grobet. On relève en prolongement une image de l’entrée des Français à Tunis en 1881 (page 263). Notons qu’aux images tirées de manuel, sont ponctuellement ajoutées des illustrations autres venant principalement d’objets publicitaires.

Pour tous publics Beaucoup d'illustrations

Zaynab

Note globale :

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