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Les Reines de France

Les Reines de France
Casterman 78 pages
1 critique de lecteur

Avis de Zaynab : "Chateaubriand : Les reines ont été vues pleurant comme de simples femmes"

Une précision est rapidement apportée dans cet ouvrage, il s’agit de ne traiter que d’un tiers des 93 reines ou impératrices à prétendre à ce titre. 93 d'après l'auteure, mais avec les mérovingiens qui se partagent l'héritage, c'est plus difficile à compter qu'on ne le croit.

On est surpris d’ailleurs de trouver là Frédégonde qui est l’épouse non d’un roi des Francs, mais du roi de Neustrie, à savoir Chilpéric Ier. En effet en 561 le royaume des Francs est partagé entre les fils de Clotaire Ier et il faut attendre 632 pour que l’on retrouve un seul roi des Francs à savoir Dagobert Ier (celui de la comptine). En 639 il y a de nouveau des royaumes francs rivaux et c’est Chilpéric II qui peut revendiquer ensuite le titre de roi des Francs  entre 719 et 721, ensuite sous l’aile très protectrice de Charles Martel se succèdent sur le trône les deux derniers rois mérovingiens avant que Pépin le Bref n’inaugure en 751 les débuts de la dynastie carolingienne.  

Le ton est largement hagiographique, Eugénie de Montijo n’est pas de façon explicite donnée comme un des vecteurs de l’entrée en guerre de la France en 1870, par contre son rôle dans le retour de l’Alsace-Lorraine dans le giron français lors des négociations de paix est très largement surestimé. On est aussi étonné de voir se poser la question des crimes de Frédégonde en spéculant sur la malhonnêteté intellectuelle de Grégoire de Tours.

Si Joséphine de Beauharnais est retenue et se voir consacrée quasiment une double-page, un encart dans cette double-page est retenu pour présenter Marie-Louise. On a 32 reines et 2 impératrices plus une en bonus. Les Poitevins seront heureux d’y trouver Radegonde (belle-fille d’un Clovis qui est mort avant qu’elle ne naisse), mais cela pourrait ne pas les consoler de l’impasse sur les origines niortaises de Madame de Maintenon et à nul moment on ne précise ses origines calvinistes. Lui prêter "une grande influence" auprès de Louis XIV pour la Révocation de l’édit De Nantes et le déclenchement de la guerre de Succession d’Espagne est bien téméraire. Faire confiance à wikipédia surtout dans sa version française a bien souvent pour conséquence de reprendre une erreur, surtout si on survole le contenu d’une notice au lieu de la lire attentivement.

Cette dernière et la marquise de Pompadour ont droit au titre de "presque reine", si bien que l’on a en fait 37 portraits. Par ailleurs, les Ukrainiens et les Picards apprécieront ce qu’on dit d’Anne de Kiev et nombre de Provençaux découvriront que Saint Louis n’avait pas qu’une mère à savoir Blanche de Castille mais aussi une épouse Marguerite, fille aînée du dernier comte de Provence de la famille des comtes de Catalogne et roi d’Aragon. Berthe au grand pied est annoncée comme Bertrade de Laon, c’est la première reine carolingienne.

Si on peut chercher quelques noises au contenu, par contre on est surpris par l’extrême convivialité de la présentation. Un texte principal à cheval sur la double-page est accompagné d’un ou deux inserts de texte destiné à se focaliser sur un point précis en rapport plus ou moins intimement avec le personnage (avec Anne d’Autriche ce sont les mousquetaires, avec Ansgarde de Bourgogne épouse de Louis le Bègue c’est la question de la répudiation ou du divorce par rapport aux règles de l’Église).

Par ailleurs une ou deux illustrations sont proposées pour chaque personnage ; la grande constitue en un montage entre une représentation ancienne authentique et un ajout par Virginie Berthemet d’un attribut en rapport avec le personnage. Ainsi pour Marguerite de Provence ce sera une branche d’olivier et pour Madame de Maintenon la coiffe des diplômés universitaires dans le monde anglo-saxon. Ceci le jeune lecteur ne le comprendra pas car le texte ne fait pas allusion à son rôle ans la création à Saint-Cyr de la Maison royale de Saint-Louis destiné aux jeunes filles nobles de famille désargentée. Pas un portrait de reine n’a reçu une touche supplémentaire qui ne le rendre savoureux. En bref les qualités du livre tiennent pour beaucoup dans celles qu’a pu développer Virginie Berthemet.   

Accessible jeunesse Beaucoup d'illustrations

Zaynab

Note globale :

Par - 598 avis déposés - lectrice régulière

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